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Sport

L’œil de l’expert – Moncef Chargui : « Un non-match… »

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  • 22 juin 2026
  • 3 min de lecture
L’œil de l’expert – Moncef Chargui : « Un non-match… »

Pour notre interlocuteur, nos joueurs étaient loin du compte, bien loin tactiquement, techniquement et physiquement des exigences du football de haut niveau. Face au Japon, ils se sont contentés de marcher sur le terrain.

La Presse — « Le football d’aujourd’hui est exigeant. Pour jouer le haut niveau, il faut faire preuve de rapidité, d’explosivité et d’agressivité. Le gardien de but japonais, je ne l’ai vu en action que deux fois seulement tout au long de la rencontre. Personne ne peut critiquer Hervé Renard alors qu’il est en place depuis quatre jours seulement. Par contre, ce que je lui reproche, c’est de s’être privé d’avant-centre alors qu’il en a. Hervé Renard a, en effet, refait la même erreur que Sabri Lamouchi en débutant la rencontre sans attaquants de métier. Pourquoi amener trois attaquants à la Coupe du monde pour ne pas les utiliser ?

Il fallait aligner deux attaquants de métier dès le départ et jouer selon nos moyens. Or, on n’a rien vu sur le terrain. Des joueurs qui marchent à peine. A mon sens, il n’y a pas de match à analyser pour une phase finale de la Coupe du monde. C’est un non-match. La Côte d’Ivoire, le Cap-Vert, l’Egypte et même Haïti jouent un football digne d’une Coupe du monde. Ce n’est malheu- reusement pas notre cas. Notre équipe nationale fatigue les Tunisiens. Sa prestation est médiocre. Il n’y a pas deux passes de suite. On peut perdre un match, mais pas de cette façon. Mejbri joue un peu mieux que le reste de l’équipe, mais il a un défaut : il conserve trop le ballon. Talbi est bien loin de son niveau habituel. Il est en baisse depuis le départ de Meriah. Quant à Rani Khedira, je me demande ce qu’il fait en sélection. Il y a des joueurs qui nous ont qualifiés et d’autres qui jouent cette Coupe du monde. A mon avis, il ne fallait pas se passer des cadres tels que Meriah, Aidouni et Sassi. Il fallait aller à la Coupe du monde avec l’équipe qui s’est qualifiée et opérer les changements voulus par la suite. Puis, nous n’avons pas de joueurs de grand calibre. Les binationaux ne jouent pas dans des clubs européens de premier rang. Ces dernières années, à part Wahbi Khazri, je ne vois pas un binational qui a apporté le plus, excepté peut-être Ellyès Skhiri du temps où il était épaulé par Aïssa Laidouni. Ils se complétaient : l’un est attentiste, l’autre est agressif dans son jeu. On ne peut pas se permettre d’amener des binationaux de troisième catégorie alors qu’on dispose de joueurs locaux qui peuvent faire l’affaire. Je pense, entre autres, à Zaâlouni. Par le passé, les joueurs émergeaient de notre championnat et partaient tenter l’aventure en Europe. Je pense à Mehdi Ben Slimane, Adel Sellimi, Karim Haggui, Faouzi Rouissi, Zoubeir Baya, Khaled Badra et j’en passe. Il faut donner la priorité aux joueurs locaux, évidemment en améliorant notre championnat et ne retenir que les binationaux qui peuvent réellement apporter une plus-value. Le football tunisien ne mourra pas. Faut-il encore tirer les enseignements de cette participation et entamer une véritable restructuration de notre football ».

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Auteur

Walid NALOUTI

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