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Culture

« Gentlemen sing the jazz » au CinéMadart : Pour une démocratisation du jazz

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  • 23 juin 2026
  • 5 min de lecture
« Gentlemen sing the jazz » au CinéMadart : Pour une démocratisation du jazz

Après une série de concerts, pour la plupart à guichets fermés, le saxophoniste Ahmed Ajabi et son Sunday Jazz Big Band seront de nouveau sur scène pour « Gentlemen sing the jazz ».  Ce spectacle qui aura lieu au CinéMadart le 24 juin réunira 18 artistes avec une setlist conçue pour marquer les esprits.

La Presse —Ahmed Ajabi est le fondateur de deux formations qui se spécialisent dans le jazz comme leurs noms l’indiquent : The Jazztet, un band avec lequel il continue de planifier de nombreux spectacles et le SJ Big Bad, une grande formation de près de 20 artistes, au chant et aux instruments.

L’idée de ce collectif a pris naissance il y a plus de 3 ans, comme nous l’a raconté Ahmed Ajabi,  à travers des ateliers hebdomadaires qui ont évolué pour donner un groupe où des musiciens reconnus jouent à côté de jeunes talents. Ce qu’ils ont en commun, c’est la prouesse musicale et la passion pour le jazz.

Le SJ Big Band a présenté plusieurs concerts réussis. Le nombre et la liste des musiciens n’est pas fixe pour deux raisons essentielles, selon Ahmed Ajabi. D’abord, pour que le groupe soit ouvert à un plus grand nombre d’artistes qui souhaitent vivre cette expérience singulière en partage, et pour pallier l’indisponibilité occasionnelle des musiciens qui peuvent être sollicités dans d’autres projets.

Le point fort essentiel du SJ Big Band, c’est qu’il impressionne et séduit par son ampleur. En plus de l’impact visuel fort dès l’entrée sur scène, la multiplicité des instruments et la diversité des timbres voix créent une richesse sonore exceptionnelle.

Pour le spectacle du 24 juin, il y aura aux trompettes Amir Hnia, Hatem Zghonda et Ahmed Hadj Mabrouk. Aux saxophones, Alix Gastambide, Khalil Kammoun, Skander Ayari, Mohamed Limem Smida et le célèbre saxophoniste Chiheb Baazaoui. Il y aura aussi le flûtiste Mohamed Zouari, le bassiste Sahbi Mustapha et le percussionniste Habib Bargui. D’autres musiciens de renom seront présents, dont Hedi Fahem à la guitare, le pianiste américain installé en Tunisie Kyle Schafer et Mohamed Khachnaoui à la batterie.

Le public pourra applaudir pour les interprétations vocales les chanteurs Wajih Bejaoui, Khaled Sellami et Mahmoud Ajabi qui sera également au trombone.

Cet ensemble d’artistes sera dirigé par Ahmed Ajabi qui assurera la fonction de chef d’orchestre durant la soirée.

Plus de public pour un programme purement jazz

Le concert sera en continuité avec les spectacles précédents, dont notamment« Ladies sing the jazz » qui a mis les voix féminines à l’honneur. La setlist est minutieusement concoctée, comme nous l’a expliqué Ahmed Ajabi. Après des études de musique, avec comme spécialité le jazz et les instruments à vent, son objectif est de rendre ce répertoire plus populaire et d’élargir son audience.

Ce qu’il vise, c’est une  démocratisation du jazz par étapes, dans le but de le faire connaître et aimer à un public nouveau. «Nous souhaitons faire des concerts de jazz accessibles, visibles et adaptés aux goûts des Tunisiens», nous a-t-il déclaré. Pour Ahmed Ajabi, le jazz est plus accrochant quand les morceaux sont «reconnaissables».

Il mise donc sur des standards connus, dont le répertoire de Frank Sinatra pour le prochain spectacle. Ces morceaux familiers captivent aussi bien le public averti que les non-initiés à ce style musical réputé comme élitiste. «Avec l’expérience, je connais les attentes des spectateurs et je m’y ajuste, tout en intégrant des morceaux que les musiciens aiment jouer pour se sentir pleinement épanouis», a ajouté Ajabi.

Le programme ne se limite donc pas à des titres familiers alignés. Il oscillera entre des œuvres majeures de jazz et des découvertes. Il y aura du chant, du swing, de l’émotion et une énergie collective pour captiver les spectateurs tout au long de la soirée.

En posant la question à Ahmed Ajabi s’il compte inclure un brassage musical entre le jazz et d’autres genres, cette pratique étant de plus en plus répandue, il nous a répondu qu’il se limitera à la « pure tradition » avec quelques airs de jazz moderne. Sans s’opposer au croisement des styles musicaux qu’il a adopté lui-même lors de spectacles précédents, il préfère se concentrer  cette fois sur l’essence du jazz. Pourtant, il reconnaît que cette approche pourrait limiter l’attrait et la rentabilité de ses prestations.

Un autre volet important dans les concerts du SJ Big Band, c’est la communication qui crée une ambiance de convivialité. Ahmed Ajabi explique la plupart des morceaux et introduit les musiciens et les chanteurs avec un ton qui renforce la proximité avec l’audience. «J’ai beaucoup de gratitude envers ceux qui viennent. Cette connexion avec le public compte beaucoup pour moi», nous a-t-il déclaré. 

Est-ce que les musiciens tunisiens peuvent présenter des concerts de jazz concurrentiels à grande échelle, comme on en voit à l’étranger ? Pour Ahmed Ajabi, la réponse est oui. Pour le moment, il envisage de jouer dans de plus grandes salles et sur de grandes scènes dont le Festival international d’El Jem. Il est à noter que le Jazztet sera en concert le 6 juillet pour le retour de «Layali El Abdellia». Une autre représentation est prévue le 6 juillet dans le cadre du Street Jazz, au Tabarka Jazz Festival. 

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Auteur

Amal BOU OUNI

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