Formation professionnelle : La métamorphose
La formation professionnelle est un bijou précieux que l’Etat tunisien offre aux jeunes de la nation, qu’ils soient bacheliers, étudiants ou décrocheurs précoces.
Et face aux enjeux créés par la naissance de l’intelligence artificielle (IA) et à la nécessité impérieuse de s’y adapter à n’importe quel prix, la stratégie nationale en la matière a prôné, lors de la deuxième édition de la conférence nationale de la formation professionnelle 2026, de placer ce rendez-vous de réflexion et de plus-value sous la devise : «La formation professionnelle, des génies qui édifient la patrie».
La Presse — Mercredi et jeudi 23 et 24 juin, le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle inscrit à la Cité de la culture à Tunis le dossier au fronton des préoccupations populaires. En organisant le colloque national sur la formation professionnelle 2026, sous la devise : «La formation professionnelle: des compétences qui édifient la nation».
Débattre de la question, en cette période où les résultats du bac ont été proclamés et qui aideront nos jeunes à choisir la trajectoire de leur avenir participe d’une approche de gestion à dimensions multiples.
D’abord, maintenir l’intérêt que l’on doit accorder à l’importance de la branche professionnelle au sein de l’université aux côtés des autres sections dites nobles comme, par exemple, l’ingénierie ou la médecine.
Ensuite, vulgariser la science du siècle, à savoir l’intelligence artificielle (IA), pour qu’elle ne reste pas l’apanage exclusif des élites.
Et au sein des frontières nationales, on dépense notre énergie afin de réunir les meilleures conditions à nos illustres ambassadeurs afin qu’ils prennent conscience de la mission qu’ils ont à assumer et qu’ils s’investissent à la satisfaire. Et ce, au grand dam des empêcheurs de tourner en rond dont le sport favori est de faire déchanter même les plus optimistes.
Sauf que les structures au Conseil national des régions et des districts (Cnrd) représentées par le président de la deuxième chambre parlementaire envisagent de poser la problématique sur la table du dialogue et de la réflexion.
En écoutant le doyen des ingénieurs tunisiens faire part de l’approche que prône son institution sur la meilleure stratégie à entreprendre dans le but de bénéficier de la compétence de nos enfants à l’étranger, nos cerveaux émigrés, qu’ils aient quitté le pays, de leur propre gré ou sous la contrainte et les tentations louches, demeurent toujours au cœur de nos attentes. Tout simplement parce qu’ils sont convaincus que nos génies ne perdront jamais leur sentiment d’appartenance à la Tunisie, la terre de l’imagination, de la créativité et du dépassement.
Le débat à entreprendre sera sûrement couronné par la mise au point d’une stratégie commune de capitalisation de nos richesses dilapidées à l’étranger. Laquelle stratégie pensée pour les ingénieurs ouvrira la voie à d’autres stratégies pour, à titre d’exemple, les médecins spécialistes ou les enseignants universitaires où nos jeunes filles occupent la première place.
D’aucuns avancent que les anciennes tentatives de récupération de nos compétences ont échoué. Faute de crédits alloués pour bien les rémunérer et faute aussi — ayons le courage de le crier — des actes nuisibles des dépravés qui ont réussi à fermer les portes à leur contribution tant rêvée à la promotion de leur pays. Sauf qu’aujourd’hui, on a le sentiment ou plutôt la conviction que les euros et les dollars ne valent rien devant le sentiment d’appartenance à la Tunisie même si les conditions actuelles peuvent entacher ce sentiment.
Du côté de l’aspect investissement dans l’avenir et renforcement de l’image de marque du pays à l’étranger, on ne peut que se féliciter de la flamme de patriotisme qui ne s’éteindra jamais chez les Tunisiens, quelles que soient les contraintes actuelles.
Donc, il est préférable que l’État fonde ses ambitions sur la plus-value que peuvent apporter les élites émigrées et non proférer un discours qui les accable souvent de reproches injustifiés.
Ainsi, la sollicitude dont doivent être entourées nos compétences œuvrant à l’étranger devrait être considérée comme un dossier stratégique à l’instar de ceux de l’enseignement, des investissements étrangers, à titre d’exemple.



