Projet tuniso-italien « Hajti Bik « Mobi-Tre » » : 67 projets créés et 451 emplois générés dans les régions intérieures
Le projet de coopération tuniso-italien « Hajti Bik » (MOBI-TRE), destiné à renforcer la contribution des Tunisiens résidant à l’étranger au développement économique et social des régions de l’intérieur du pays, a été officiellement clôturé mardi à Tunis.
Mis en œuvre par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), avec le financement de l’Agence italienne pour la coopération au développement et en coordination avec plusieurs institutions tunisiennes, le projet s’est achevé après la finalisation de sa deuxième phase, lancée en 2023. Celle-ci a permis la création de 67 projets et de 451 emplois, grâce à un financement de 70.000 dinars par projet.
L’initiative vise à attirer les capitaux et les compétences de la diaspora tunisienne, à encourager l’investissement en Tunisie, à soutenir la création et le développement des petites et moyennes entreprises et à favoriser des emplois durables dans les régions prioritaires. Elle entend également renforcer le lien entre migration et développement tout en contribuant à réduire les facteurs de la migration irrégulière par la création d’opportunités économiques.
Le principe du programme repose sur la mise en place de projets communs entre des entrepreneurs installés en Tunisie et des Tunisiens résidant à l’étranger, notamment en Allemagne, en France, en Italie, en Arabie saoudite et en Côte d’Ivoire, où se concentrent d’importantes communautés tunisiennes.
Selon un bilan présenté lors de la cérémonie de clôture, la deuxième phase du projet a ciblé 50 investisseurs de la diaspora et 67 entrepreneurs tunisiens. Elle a couvert 16 zones prioritaires de développement, réparties sur cinq secteurs d’activité et 24 sous-secteurs, et a abouti à la signature de 190 contrats de travail permanents.
Depuis le lancement du programme en 2017, les investissements réalisés par les Tunisiens de l’étranger dans ce cadre ont dépassé 750.000 euros. Le projet a également permis l’élaboration d’un guide de l’investisseur et l’organisation de 16 sessions de formation.
Dans son allocution d’ouverture, le chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations en Tunisie, Azouz Samri, a souligné l’importance de mobiliser la diaspora tunisienne en faveur de l’économie nationale et du développement du pays, précisant que cette démarche s’inscrit dans une approche structurée impliquant notamment la Banque centrale de Tunisie.
Il a indiqué que les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger ont dépassé 2,1 milliards de dinars à fin mars 2026, représentant environ 5,6 % du produit intérieur brut (PIB).
Selon lui, le projet a permis de répondre au manque d’information et d’accompagnement dont souffrent de nombreux membres de la diaspora, grâce à la mise en place d’outils d’information, de communication et de dispositifs d’appui à l’investissement en Tunisie.
De son côté, le directeur général de l’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (ANETI), Hatem Dahmane, a affirmé que ce programme, supervisé par le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, vise à stimuler l’investissement en Tunisie en encourageant la diaspora à y prendre part. Il a qualifié les résultats de la deuxième phase de « très importants ».
Il a également annoncé que les autorités envisagent désormais d’étendre, de valoriser et d’institutionnaliser les projets réalisés, rappelant que la communauté tunisienne à l’étranger compte près de 1,8 million de personnes.
Pour sa part, l’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas, a indiqué que le projet a pour objectif d’inciter les Tunisiens établis à l’étranger à investir dans leur pays d’origine, tout en valorisant leur contribution à l’économie nationale et au développement durable.



