Economie

Tomates en conserve : les producteurs dénoncent la hausse des coûts de production

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  • 1 juillet 2026
  • 3 min de lecture
Tomates en conserve : les producteurs dénoncent la hausse des coûts de production

Le lancement de la campagne de récolte et de transformation de la tomate industrielle dans plusieurs unités de transformation du gouvernorat de Nabeul, mardi, remet en lumière les difficultés persistantes auxquelles fait face la filière. Les producteurs dénoncent notamment l’augmentation continue des coûts de production, alors que le prix de référence est resté inchangé pour la quatrième saison consécutive, à 270 millimes le kilogramme.

Si les usines ont commencé à réceptionner les premières quantités de tomates, le rythme de collecte demeure lent en raison des inquiétudes liées à l’existence d’un stock de concentré de tomate jugé suffisant pour couvrir les besoins du marché national pendant au moins deux ans, a indiqué Mohamed Ben Hassine, Secrétaire Général de l’union régionale des producteurs de tomates destinées à la transformation à Nabeul.

Selon lui, les premières estimations font état d’une légère baisse des superficies cultivées à l’échelle nationale, qui s’établissent à environ 15 000 hectares, dont 4 500 hectares dans le gouvernorat de Nabeul. Avec un rendement moyen estimé à 55 tonnes par hectare, la production de la région devrait atteindre 247 000 tonnes, sur une production nationale évaluée à 800 000 tonnes de tomates de saison destinées principalement à la transformation industrielle, soit une diminution d’environ 200 000 tonnes par rapport à la campagne précédente.

Mohamed Ben Hassine a expliqué que les rendements devraient rester moyens, notamment pour les cultures mises en terre en avril, en raison des fortes chaleurs qui ont affecté les plantations. Cette baisse de production, conjuguée à la hausse importante du coût des produits phytosanitaires et au manque de main-d’œuvre, pèsera davantage sur les revenus des agriculteurs. Il a également déploré l’absence de contrôle économique sur les points de vente des intrants agricoles.

Face à cette situation, l’union régionale des producteurs de tomates appelle une nouvelle fois les agriculteurs à boycotter cette culture lors des prochaines campagnes tant que les autorités n’auront pas apporté de solutions aux difficultés structurelles que connaît le secteur depuis plusieurs années. Elle plaide également pour une mobilisation de l’ensemble des parties prenantes afin d’écouter les revendications des producteurs et de garantir la pérennité de la filière.

Dans cette perspective, Mohamed Ben Hassine propose l’organisation d’un dialogue national consacré aux problèmes du secteur agricole afin d’élaborer une stratégie de réforme globale.

De son côté, le Vice-Président du Groupement interprofessionnel des légumes, Anis Kharbach, a indiqué que la campagne de transformation débute cette année avec un stock de concentré de tomate d’au moins 50 000 tonnes. Il a également confirmé une baisse de la production d’au moins 15 % par rapport à la saison précédente.

Il a estimé que les producteurs de tomates demeurent le maillon le plus fragile de la filière en raison de l’envolée des coûts de production, de l’absence de revalorisation du prix de référence et des difficultés de financement du secteur agricole. Il a appelé le groupement professionnel des industries des conserves alimentaires à mieux associer les agriculteurs à ses travaux et à défendre leurs intérêts au même titre que ceux des industriels.

Anis Kharbach a enfin rappelé que la filière de la tomate constitue un secteur stratégique pour l’agriculture tunisienne, mais qu’elle souffre d’un manque d’attention et de problèmes récurrents touchant aussi bien la production que la transformation. Il a plaidé pour l’ouverture d’un dialogue entre producteurs et industriels afin d’assurer la pérennité de cette activité.

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Auteur

La Presse

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