Billet – Plan de développement 2026-2030 : Sur le chemin d’un changement crédible et réalisable
La Presse — Le nouveau plan de développement 2026-2030 est prêt. La Tunisie s’est fixé un horizon : devenir un pays plus prospère, plus inclusif et plus compétitif. Les ambitions sont élevées. La vision existe, le cap est connu et les mots ont été prononcés. Le pays avance certes, mais pas encore au rythme requis.
Oui, le pays avance, personne ne peut le contester. Mais ce constat ne suffit plus de fait que la Tunisie est bel et bien en mouvement. Le nouveau plan de développement n’a pas été conçu comme un simple catalogue de bonnes intentions. Il constituera une trajectoire, une promesse de rattrapage, une accélération destinée à faire franchir au pays un nouveau palier de développement.
Sa conception est venue après des années où plusieurs fragilités continuent de peser lourdement sur des secteurs stratégiques. Le chômage était à des niveaux préoccupants, l’insertion des jeunes est l’une des grandes blessures économiques et sociales du pays. Quant à la croissance, elle reste insuffisante pour absorber durablement les déficits sociaux accumulés et créer, à grande échelle, les opportunités promises. Le véritable défi est dans la capacité de transformer une vision en emplois, une stratégie en revenus et une ambition nationale en perspectives individuelles, car un citoyen ne vit pas dans une stratégie, il vit dans une réalité. Le défi est dans l’exécution. La Tunisie dispose, en effet, d’une vision structurée de son avenir, avec des objectifs aussi clairement formulés, des priorités identifiées.
Entre la vision et la réalité se trouvent les administrations, les politiques publiques, les régions, les investissements, le capital humain, la gouvernance et la capacité de coordination de l’ensemble des acteurs. C’est d’ailleurs sur ce terrain que se joue aujourd’hui l’avenir du plan de développement. C’est sur cette ligne de crête que se trouve aujourd’hui le pays. La confiance des citoyens dans l’avenir, la confiance des entrepreneurs dans l’économie, la confiance des investisseurs dans la trajectoire du pays, la confiance des jeunes dans la possibilité d’une vie meilleure.
Tous les acteurs et les parties prenantes qui ont contribué à l’élaboration du plan ont apporté les ajustements nécessaires, fixer les priorités pour remettre la Tunisie sur la trajectoire de transformation économique et sociale.
Conçu comme une feuille de route destinée à accélérer la croissance, réduire les inégalités et renforcer l’Etat social à l’horizon 2030, ce projet devrait marquer une rupture avec les limites du modèle économique précédent. Il fixe ainsi le cap économique et financier de la Tunisie pour cinq ans autour d’une idée centrale, passer d’une économie traditionnelle à une économie du savoir et de l’innovation.
Il se présente comme une méthode avant d’être un catalogue de mesures. Les priorités annoncées sont la réforme du climat des affaires, la promotion des petites et moyennes entreprises, la création d’un système intelligent d’accompagnement de l’investissement combinant incitations, subventions et gouvernance, et la diversification des sources d’investissement étranger. L’agriculture, les énergies renouvelables et le numérique, jusqu’ici faiblement dotés, sont ciblés comme nouveaux gisements.
Une attention particulière est accordée au nouveau projet du plan de développement qui va répondre à des besoins sociaux et économiques pressants de notre pays. La rénovation et la reconsidération annoncées de ce plan devrait le mettre en phase avec les évolutions nationaux et internationaux.
Ce dernier n’est ni une solution miracle aux dysfonctionnements relevés, ni une compilation de politiques sectorielles, mais une étape cruciale où se dessine une voie de changement concrète, et une démarche prospective tout en s’alignant avec les grandes orientations du pays. Les objectifs attendus du projet à moyen terme visent fondamentalement à restaurer une croissance économique stable et durable, à rééquilibrer les structures de répartition des richesses nationales, à réduire les disparités régionales et garantir les besoins fondamentaux des populations.



