Amélioration des conditions de transport (1/2) : Entre attentes et déceptions
C’est une lapalissade que d’affirmer que le transport est la solution à tous les problèmes. Alors que tout est là pour le démontrer. Il existe encore des forces qui n’ont aucune intention de laisser ce secteur prendre pleinement son envol.
Notre objectif n’est pas de faire le procès de ces forces rétrogrades. Bien au contraire. Il s’agit plutôt de contribuer à une autre réflexion plus constructive et plus pragmatique.
La Presse — L’un des constats majeurs à souligner, c’est que la solution, la vraie, ne peut être que radicale.
Personne, aujourd’hui, ne peut minimiser les efforts entrepris au cours des dernières années, notamment au cours des deux ou trois années passées.
L’achat de plusieurs centaines de véhicules destinés au transport public dans le Grand Tunis et dans le reste des gouvernorats en est l’illustration la plus éclatante. 461 bus (standards et articulés) ont, déjà, été livrés.
On s’attend d’ici à la fin de cette année à la livraison de 621 autres véhicules. Et ce en plus de commandes d’autres dizaines de rames de métro dans des délais qui ne devraient pas dépasser les deux ans. Il est prévu d’acquérir une trentaine de nouvelles voitures pour les lignes du métro et 18 rames pour la ligne TGM. Le coût d’une rame est estimé à environ 12 milliards de nos millimes !
La Transtu, a d’ailleurs, laissé entendre que les contrats d’acquisition des nouveaux matériels roulants seraient signés au début du second semestre de cette année. En d’autres termes dans les quelques jours ou semaines à venir. Puisse la signature, ce 30 juin, d’un contrat d’achat de 5 trains électriques par la Sncft et un constructeur chinois préfigurer les prémices d’une nouvelle ère de modernisation du secteur du transport (tous modes confondus).
Le caillassage : un vrai crime
En parallèle, ceci ne nous fera pas oublier les vrais efforts de maintenance et de réparation du matériel roulant ancien. Les résultats ont commencé à se faire sentir quoique de manière timide. En effet, les usagers ont pu monter dans des voitures de métro plus ou moins remises à niveau (fermeture des portes, réparation des marche-pieds, habillage extérieur, plaques bien visibles).
Mais on continue d’enregistrer des actes de vandalisme dont les plus récents ont été commis le même jour (27 juin) à la même heure (le premier sur le métro 5 à 20h30 et le second sur le métro 6 à 20h40 !) Une synchronisation trop suspecte. L’affaire est à suivre jusqu’au bout. Caillasser nos moyens de transport de la sorte ne doit plus être considéré comme un simple acte de délinquance ou un fait divers banal, mais carrément comme un vrai crime. Et par conséquent puni comme tel. Il est clair qu’il ne s’agit pas de faits isolés. La voiture ciblée sur la ligne 5 est l’une des voitures qui viennent d’être rénovées ! Le projectile utilisé était… un pavé !
Les fréquences, ce mal endémique !
Ce sont, donc, les programmes de remise à niveau de tout le secteur qui sont visés. De tels programmes gagneraient à être soutenus par une plus grande amélioration de la qualité des services. On pense, surtout et avant tout, à l’amélioration des fréquences. Sur ce point, il est déplorable de dire qu’elles sont catastrophiques pour l’écrasante majorité des lignes (bus et métros compris).
Il ne serait pas normal qu’il faille attendre plus de 40 mn un moyen de transport. Et, souvent, c’est pire pour de nombreuses destinations.
Ce qui étonne beaucoup, c’est de voir des bus ou des métros en arrêt pendant au moins 30 mn dans les stations Habib-Thameur, Barcelone, Tunis-Marine, etc.
Plus étonnant et même sidérant, c’est que les agents laissent les moteurs des bus en marche pendant toute la période d’immobilisation. Avec les passagers qui s’y entassent ! Et la canicule en sus !
Il faut être un mécanicien hors pair pour comprendre ce comportement bizarre des conducteurs de bus.
Un peu plus d’égard et de respect aux clients ne coûterait rien à la Transtu.
Ces spectacles ne laissent pas indifférents les passagers de la Transtu qui y voient un gaspillage injustifié de carburant et d’usure des pièces mécaniques. Et, par conséquent, des pertes inutiles.
Les usagers du métro, pour leur part, ne comprennent pas pourquoi l’éclairage fonctionne à l’intérieur des métros même en plein jour !
Aussi, se demanderait-on pourquoi ne pas autoriser ces moyens de transport à reprendre leurs navettes plus rapidement (un intervalle de temps ne dépassant pas les 15 mn ?) au lieu des 30 ou 40 mn d’arrêt.
Il est temps de rompre avec cette politique des attentes interminables d’un bus ou d’un métro.
Ce n’est que de cette façon que l’on pourra diminuer les souffrances des usagers.
La Transtu l’entend-elle de cette oreille ?
On n’en est pas sûr puisque les tableaux de marche des bus et métros pour la saison estivale ne font que renforcer les craintes des utilisateurs. Comment peut-on avoir un moyen de transport avec une fréquence (tenez-vous bien !) de 160 minutes! Soit un bus toutes les deux heures et 40 mn ! Autant supprimer une telle navette.
Plus étonnant aussi, ces fréquences écrites noir sur blanc (tenez-vous bien là aussi!) entre 10-20 min. Vérification sur terrain le premier jour de juillet : rien de cela dans les faits. Exemple : un bus de la banlieue nord dont la fréquence sur les tableaux publiés par la Société pour la période estivale est de 30 mn met plus d’une heure pour pointer.
Tous ces menus détails ont leur importance. Il suffit que ceux qui ont la responsabilité de notre grande entreprise en prennent acte.
Ce constat pourrait être plus positif moyennant une plus grande écoute des clients et une réponse plus rapide à leurs attentes.



