Taparura, métro, ville sportive : quand les projets de Sfax restent au point mort
Le député à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Sabeur Masmoudi, a appelé à l’adoption de solutions exceptionnelles et de nouvelles approches afin d’accélérer la réalisation des projets de développement bloqués dans le gouvernorat de Sfax, estimant que les mécanismes administratifs classiques ne permettent plus de surmonter les retards accumulés.
Taparura : vers une relance par négociation directe
Intervenant ce dimanche 5 juillet 2026 sur Diwan FM, le parlementaire a souligné que la persistance de ces blocages risque de prolonger l’attente de plusieurs années supplémentaires sans résultats concrets, appelant à une volonté politique plus forte pour faire avancer les dossiers stratégiques.
Concernant le projet de Taparura, Sabeur Masmoudi a indiqué que l’option d’une négociation directe avec des investisseurs saoudiens, engagée depuis octobre 2024 après l’échec des appels d’offres, apparaît aujourd’hui comme une solution viable selon les études réalisées.
Il a précisé que le projet est entré dans une phase décisive, mais reste en attente d’une décision politique au plus haut niveau de l’État pour valider cette orientation et permettre le lancement effectif de la réhabilitation du site.
Métro de Sfax : un projet toujours au point mort
S’agissant du métro de Sfax, le député a regretté un projet toujours bloqué malgré l’annonce d’un financement de la Banque africaine de développement pour l’élaboration du cahier des charges. Il a estimé que le choix initial du partenariat public-privé pour l’ensemble du projet n’a pas permis d’assurer sa mise en œuvre.
Il a toutefois salué le retour à une approche basée sur l’investissement public, à l’image de certains grands projets d’infrastructure en Tunisie, tout en soulignant les difficultés persistantes liées aux procédures administratives et à la libération du foncier.
Propositions de phasage et nouvelles pistes
Dans ce contexte, Sabeur Masmoudi a indiqué avoir soumis plusieurs propositions au ministère du Transport, notamment le découpage du projet en phases, avec une priorité accordée à la réalisation du premier tronçon reliant l’aéroport de Sfax à Bab Jebli.
Il a en outre précisé que plusieurs réunions régionales ont récemment été organisées afin de relancer ce dossier, tout en rappelant que la finalisation du financement reste conditionnée à des arbitrages au plus haut niveau.
Le député a par ailleurs évoqué le projet de ville sportive de Sfax, estimant que son coût ne devrait pas constituer un frein, et proposant de commencer par la construction du stade comme première étape, avant de développer progressivement les autres composantes.
Il a également révélé avoir soumis une initiative officielle visant à proposer la candidature de Sfax pour accueillir les Jeux méditerranéens de 2034, une démarche adressée entre décembre et janvier aux autorités concernées.
Selon lui, cette proposition dépasse le cadre sportif et vise à transformer la région d’El Amra en pôle de développement, en s’appuyant sur les futures infrastructures sportives et urbaines.
Finalement et non moins important, Sabeur Masmoudi appelle à une rupture avec les approches administratives classiques afin d’accélérer les projets structurants à Sfax, notamment Taparura, le métro et la ville sportive, estimant que seule une décision politique forte permettra de débloquer ces chantiers stratégiques.
R.I



