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Mondher Ben Ayed se lance dans l’agriculture avec un partenaire italien

  • 5 juillet 2026
  • 5 min de lecture
Mondher Ben Ayed se lance dans l’agriculture avec un partenaire italien

Parier sur l’agriculture après avoir bâti une carrière dans les technologies de l’information. C’est le choix de l’entrepreneur tunisien Mondher Ben Ayed, fondateur du groupe TMI, qui s’est associé à l’Italienne Irene Bonassisa, dirigeante du groupe Bonassisa, pour créer Wafra Agricole, une coentreprise qui entend développer en Tunisie un modèle d’agriculture de précision fondé sur l’innovation, la durabilité et la création de valeur.

Implanté dans le gouvernorat de Béja, le projet dispose déjà d’une ferme pilote de 200 hectares où sont expérimentées des techniques agricoles reposant sur l’irrigation solaire pilotée par informatique, une gestion optimisée des ressources en eau, l’utilisation d’engrais naturels et l’appui d’experts internationaux.

Au-delà de la production agricole, Wafra Agricole ambitionne de construire une chaîne de valeur intégrée, depuis la culture jusqu’à la transformation et à la commercialisation des produits.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Plan Mattei pour l’Afrique, lancé par l’Italie afin de renforcer les partenariats économiques avec les pays africains, ainsi que dans les objectifs de l’Agenda 2030 des Nations unies en matière de développement durable.

De deux parcours différents est née une vision commune

À première vue, rien ne prédestinait Irene Bonassisa et Mondher Ben Ayed à se retrouver autour d’un projet agricole.

Le groupe Bonassisa, fondé dans les Pouilles par Domenico Bonassisa, s’est d’abord imposé dans le secteur pétrolier et gazier en collaborant avec de grands groupes italiens tels qu’Eni, Snam et Saipem.

Avec la nouvelle génération, l’entreprise a engagé une stratégie d’internationalisation tournée vers l’Afrique, en développant notamment des activités en Tunisie, en Libye et en Éthiopie.

C’est précisément en Tunisie qu’Irene Bonassisa rencontre Mondher Ben Ayed. Ingénieur en génie électrique, titulaire d’un doctorat de l’Université de Rochester aux États-Unis, ce dernier a construit le groupe technologique TMI et piloté des projets dans plus de vingt-quatre pays africains.

La pandémie de Covid-19 marque toutefois un tournant dans son parcours entrepreneurial.

“Pendant la crise du Covid, je me suis demandé quels étaient les secteurs qui n’avaient jamais cessé de fonctionner. L’agroalimentaire en faisait partie.

J’ai alors décidé d’y appliquer la logique de la chaîne de valeur que j’avais développée dans l’informatique”, explique Mondher Ben Ayed.

Pour lui, l’enjeu dépasse largement la seule production agricole. “Je ne m’intéresse pas à l’agriculture traditionnelle, mais à une agriculture qui crée de la valeur ajoutée.

Je veux innover, transformer et développer des chaînes d’approvisionnement intégrées qui génèrent de la richesse et des emplois réels”, affirme-t-il.

Une agriculture où la technologie devient un outil au service de la terre

Sur les terres de Béja, l’innovation ne se limite pas à l’introduction de nouvelles technologies. Elle vise à repenser la manière de produire, en conciliant performance économique et préservation des ressources naturelles.

L’exploitation pilote mise ainsi sur des systèmes d’irrigation alimentés par l’énergie solaire et pilotés numériquement, une réduction de la consommation d’eau, l’utilisation d’intrants naturels ainsi que sur des méthodes d’agriculture de précision destinées à améliorer les rendements tout en limitant l’impact environnemental.

L’ambition affichée consiste à démontrer qu’une agriculture plus durable peut également être plus compétitive, en intégrant la technologie à chaque étape de la production.

Mais pour les deux fondateurs, la réussite du projet ne se mesure pas uniquement en hectares cultivés ou en volumes de production.

L’une des priorités de Wafra Agricole est la formation des jeunes et l’autonomisation des femmes, avec le développement de programmes menés en partenariat avec des entreprises italiennes spécialisées.

L’objectif est de transmettre des compétences techniques, de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de professionnels de l’agriculture et d’encourager les jeunes à investir dans leur propre pays plutôt que de chercher des opportunités à l’étranger.

“Nous voulons former de jeunes techniciens locaux et créer des programmes de formation italo-tunisiens afin que les jeunes puissent revenir investir dans leur pays d’origine”, souligne Irene Bonassisa.

Pour la dirigeante italienne, l’innovation ne réside pas uniquement dans les équipements ou les technologies employées.

“Nous sommes convaincus que l’innovation vient aussi des individus. C’est pourquoi nous lançons des programmes destinés aux femmes et aux jeunes en collaboration avec des entreprises italiennes de premier plan”, explique-t-elle.

Un laboratoire de coopération entre les deux rives de la Méditerranée

Mais au-delà de sa dimension agricole, Wafra Agricole se veut également un symbole d’une coopération économique renouvelée entre la Tunisie et l’Italie.

Le projet entend démontrer qu’il est possible d’associer expertise technologique, savoir-faire industriel, innovation agricole et développement local dans une logique de partenariat équilibré entre les deux rives de la Méditerranée.

“Nous construisons un modèle industriel et technologique pour l’agriculture qui unit le nord et le sud de la Méditerranée.

Il ne s’agit pas seulement d’une activité commerciale, mais d’une vision de développement partagé et durable”, résume Mondher Ben Ayed.

Et à travers cette initiative, les deux partenaires espèrent faire de Wafra Agricole un laboratoire d’innovation où la technologie, la formation et la coopération internationale convergent pour répondre aux défis de la sécurité alimentaire, de la transition écologique et de la création d’emplois, tout en illustrant les ambitions portées par le partenariat économique entre la Tunisie et l’Italie.

R.I 

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R. I

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