Tabarka Jazz Festival – Trois questions à Liz McComb : « Je viens de loin pour parler de ce qui nous unit »
Toujours avec la même bienveillance, encore sous le coup des émotions d’une soirée hautement spirituelle, nous avons retrouvé l’artiste américaine Liz McComb après son concert mémorable au Tabarka Jazz Festival. Entretien…
La Presse — Vous avez joué plusieurs fois en Tunisie, et même ici à Tabarka. Comment ont été vos retrouvailles avec le public tunisien ?
Vous êtes un bon peuple. Vous avez une culture très riche dont nous connaissons malheureusement très peu de choses. Je me considère, dans ce sens, comme ambassadrice de cultures et d’amitié. Je viens de loin pour parler de ce qui nous unit.
Vous avez joué auparavant avec le guitariste tunisien Hedi Fahem. Votre complicité sur scène lors de ce concert est bien palpable. Pouvez-vous nous en parler davantage ?
Nous venons d’horizons différents. Lui, il possède un talent inné, un don de Dieu. Quand on l’a, on l’a. C’est un grand musicien. Il était fan de moi. Aujourd’hui, c’est moi qui suis fan de lui. Je voudrais collaborer de nouveau avec lui sur d’autres projets.
Votre performance a eu lieu dans un festival de jazz. Avez-vous modifié ou ajusté le programme gospel du spectacle pour une touche plus jazzy ?
Comme vous le savez, je viens de l’univers du gospel. Mais, chez moi, je suis touchée par beaucoup d’influences musicales. J’écoute absolument tout. Mon frère était trompettiste. Ma sœur chantait, ma mère aussi. Nous avons donc tous cette fibre musicale et j’ai grandi comme un bébé, bercée par toutes ces inspirations. Parmi ces styles différents, j’ai appris, entre autres, le jazz. Je trouve qu’il se mêle parfaitement bien avec le gospel.
Votre musique célèbre la paix universelle. Croyez-vous que l’art peut réellement influencer des décisions politiques mondiales ou des mentalités ?
La musique aide, mais je ne peux pas dire qu’elle influence au vrai sens du terme. Comme dans ma chanson, les dirigeants politiques menteurs ne se corrigent pas. Mais je crois bien au partage du savoir, d’émotions et de convictions. Vous savez des choses plus que moi, j’en sais d’autres plus que vous. Ensemble, nous pouvons parler de paix. Nous sommes des êtres suffisamment intelligents pour arrêter les guerres.



