La Tunisie pourrait être confrontée, dans les prochains mois, à des perturbations climatiques majeures liées au phénomène El Niño, avec deux scénarios possibles : un hiver marqué par des températures exceptionnellement élevées ou, à l’inverse, des épisodes de pluies intenses susceptibles de provoquer des inondations localisées.
Face à ces risques, l’ingénieur en environnement et expert des questions climatiques, Hamdi Hachad, appelle les autorités à déclarer un état d’urgence climatique afin d’anticiper les conséquences de ce phénomène sur l’économie nationale, l’agriculture et la sécurité alimentaire.
Intervenant lundi 6 juillet 2026 sur Diwan Fm, l’expert a estimé que plusieurs pays ont déjà adopté cette démarche afin de renforcer leur capacité de réaction face aux effets du changement climatique. Selon lui, la Tunisie gagnerait à mettre en place des mesures préventives avant que les premiers impacts ne se manifestent.
Hamdi Hachad explique que le premier scénario envisageable est celui d’un hiver aux allures estivales, avec des températures largement supérieures aux normales saisonnières. Le second scénario, tout aussi préoccupant, prévoit des précipitations abondantes et concentrées sur de courtes périodes, susceptibles de provoquer des crues soudaines dans certaines régions du pays.
L’expert plaide ainsi pour l’instauration d’un système national d’alerte précoce, fondé à la fois sur des données scientifiques et une coordination institutionnelle efficace. Il estime également que les risques climatiques devraient désormais être intégrés aux politiques publiques relatives à la sécurité nationale, compte tenu de leurs répercussions sur les ressources en eau, la production agricole et les infrastructures.
Ces mises en garde interviennent alors que l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a récemment appelé les États à se préparer aux effets d’El Niño. L’organisation explique que ce phénomène climatique résulte d’un réchauffement anormal des eaux de surface de l’océan Pacifique équatorial, capable de modifier les régimes de températures et de précipitations à l’échelle mondiale et d’accroître la fréquence des événements météorologiques extrêmes.
Selon les dernières prévisions de l’OMM, la probabilité de développement d’El Niño atteint 80 % entre juin et août 2026. Cette probabilité pourrait dépasser 90 %, avec une persistance du phénomène au moins jusqu’en novembre 2026.
Si les effets précis d’El Niño varient d’une région à l’autre, les climatologues soulignent que ce phénomène peut accentuer les épisodes de chaleur, les sécheresses ou, au contraire, provoquer des pluies exceptionnellement abondantes. En Tunisie, son impact dépendra également des conditions météorologiques régionales et de l’évolution des autres facteurs climatiques au cours des prochains mois.
R.I



