Dhafer Youssef présente son album « Shiraz » au festival international de Hammamet : Au plus près de l’intime
Jazz, maqâms, musique de chambre, éclats rock et discrètes textures électroniques s’y entremêlent dans une remarquable fluidité. Une écriture musicale qui fait de l’intime une expérience universelle où la douleur se métamorphose en lumière et où chaque vibration du oud semble porter une caresse, une prière suspendue dans le temps.

La Presse — Comme à son habitude, le maître du oud et vocaliste tunisien Dhafer Youssef suspend les frontières musicales et nous entraîne dans un univers en apesanteur où se rencontrent traditions arabes, influences indiennes, musique classique, jazz et improvisation. Avec «Shiraz», son nouvel album, cette quête d’hybridation prend toutefois une dimension plus intime. L’œuvre est dédiée à Shiraz, la femme qui partage sa vie depuis la fin des années 2000 et qui en a profondément transformé le cours. Durant la pandémie de Covid-19, alors que le silence s’impose au monde et que l’activité artistique est à l’arrêt, c’est elle qui lui redonne confiance et l’encourage à poursuivre la création. Quelques années plus tard, le couple est confronté à une autre épreuve lorsque Shiraz apprend qu’elle est atteinte d’un cancer. Face à la maladie et à l’impuissance des mots, Dhafer Youssef comprend que seule la musique peut encore exprimer ce qui demeure indicible. « Pour elle, je pourrais écrire des livres entiers, sur les portes qu’elle a ouvertes, sur la lumière qu’elle a apportée. Mais ici, je veux simplement la célébrer : son parcours, sa grâce », écrit-il. Les treize morceaux de ce dixième album retracent les émotions vécues par Dhafer Youssef et mettent en musique leur histoire, leur complicité et le chemin traversé ensemble. Pour donner corps à cette traversée intime, et à ce que « Shiraz pense et entend », le compositeur réunit autour de lui le guitariste Nguyên Lê, le pianiste Daniel García, le trompettiste Mario Rom, le bassiste Swaéli Mbappé et le batteur Tao Ehrlich. Ensemble, ils façonnent une œuvre où les frontières esthétiques s’effacent au profit d’un langage commun, profondément humain. Jazz, maqâms, musique de chambre, éclats rock et discrètes textures électroniques s’y entremêlent dans une remarquable fluidité. Une écriture musicale qui fait de l’intime une expérience universelle où la douleur se métamorphose en lumière et où chaque vibration du oud semble porter une caresse, une prière suspendue dans le temps.
Après Brosella Festival à Bruxelles, le Charlie Jazz Festival de Vitrolles, les Vannes Échos Jazz et le Jazz à Juan-les-Pins en France, Dhafer Youssef retrouvera le public tunisien le 12 juillet, à l’occasion de la 60e édition du Festival international de Hammamet, où il présentera « Shiraz » pour la première fois en Tunisie.
Sous le slogan « Endless Memories », cette édition anniversaire, ancrée dans son époque, proposera des rendez-vous éclectiques, autour de la musique du monde, de la danse et du théâtre. Au programme 32 spectacles avec une pléiade d’artistes venus de 12 pays : la Tunisie, le Liban, la Palestine, les USA, le Mali, l’Espagne, le Portugal, Cuba, la Turquie, le Maroc, l’Algérie et l’Italie, et des noms comme Salif Keïta, Marcel Khalife, Mariza, Bebe, Yasmine Hamdan et Faraj Suleiman.



