Tunisie : le PIB progresse de 2,5 % en 2025, le chômage recule à 15,2 %
La cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a reçu samedi 11 juillet 2026 au Palais du gouvernement à la Kasbah le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Fethi Zouheir Nouri, qui lui a remis le rapport annuel de la Banque centrale de Tunisie (BCT) au titre de l’année 2025.
Cette rencontre a permis de revenir sur les principaux indicateurs économiques et financiers du pays, ainsi que sur le rôle de la politique monétaire dans la préservation des équilibres économiques. La cheffe du gouvernement a notamment mis en avant l’évolution de plusieurs indicateurs, dont une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 2,5 % en 2025, contre 1,6 % en 2024, ainsi qu’une baisse du taux de chômage à 15,2 %, contre 16,5 % une année auparavant.
La BCT au cœur de la politique monétaire
Lors de cette rencontre, Sara Zaafrani Zenzri a réaffirmé le rôle central de la BCT dans la mise en œuvre de la politique monétaire de l’État et dans l’accompagnement de l’économie nationale.
Elle a estimé que cette politique a permis de réaliser plusieurs objectifs, notamment la maîtrise du taux d’inflation, la préservation des réserves en devises, la stabilité du taux de change ainsi que la réduction à deux reprises du taux directeur durant l’année 2025, pour atteindre 7 %.
Selon elle, ces orientations ont contribué à renforcer la stabilité monétaire et financière dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes.
Une croissance portée par l’agriculture, les services et l’industrie
La cheffe du gouvernement a indiqué que la progression enregistrée en 2025 a été soutenue principalement par la performance du secteur agricole, la dynamique des services marchands, notamment l’activité touristique, ainsi que par l’amélioration de plusieurs branches industrielles.
Elle a également souligné que cette évolution économique s’est accompagnée d’une amélioration sur le marché de l’emploi, avec un recul du chômage à 15,2 %, contre 16,5 % en 2024.
Par ailleurs, les investissements directs étrangers ont enregistré une progression d’environ 30 %, un résultat présenté comme un signe de confiance des investisseurs dans les perspectives de l’économie tunisienne.
“Une capacité de résistance” face aux crises internationales
Dans son intervention, Sara Zaafrani Zenzri a estimé que l’année 2025 a démontré la capacité de l’économie tunisienne à résister et à s’adapter à un environnement international marqué par un niveau élevé d’incertitude, des tensions géopolitiques et des perturbations commerciales.
Elle a affirmé que la Tunisie a réussi à relever plusieurs défis malgré les crises mondiales successives et les pressions liées au contexte international, en s’appuyant sur ses « choix nationaux » et conformément aux orientations du président de la République, Kaïs Saïed.
Selon elle, l’amélioration des principaux indicateurs économiques et financiers constitue une base permettant de consolider la stabilité économique et financière et de transformer cette résilience en une dynamique durable de croissance, d’investissement et de création d’emplois.

Une croissance de 2,6 % au premier trimestre 2026
Concernant l’année 2026, la cheffe du gouvernement a indiqué que le PIB tunisien a enregistré une croissance de 2,6 % durant le premier trimestre, une évolution attribuée principalement à plusieurs facteurs.
Elle a cité notamment : la poursuite de l’amélioration de l’activité agricole ; l’augmentation de la valeur ajoutée dans les services marchands et non marchands et la poursuite de l’amélioration du secteur industriel.
Dans le domaine des industries manufacturières, cette progression serait principalement liée aux industries agroalimentaires ainsi qu’aux industries mécaniques et électriques.
Le secteur du raffinage pétrolier a également connu une évolution « notable » durant cette période.
Sur le marché du travail, le taux de chômage a poursuivi son recul pour atteindre 15 % au premier trimestre 2026, contre 15,2 % au quatrième trimestre 2025.
Le déficit énergétique reste un défi majeur
Malgré ces évolutions positives, Sara Zaafrani Zenzri a reconnu l’existence de plusieurs défis structurels qui continuent de peser sur l’économie tunisienne.
Elle a notamment cité : la poursuite du déficit énergétique, qui exerce une pression sur les équilibres extérieurs et impose d’accélérer la transition énergétique et la diversification du mix énergétique ; les fluctuations des prix de l’énergie et des marchés internationaux ; la nécessité de renforcer davantage l’investissement productif et de soutenir une croissance durable.
La cheffe du gouvernement a affirmé que les ambitions de l’État dépassent les résultats actuels, avec l’objectif d’améliorer davantage les conditions de vie des citoyens, notamment à travers le renforcement du pouvoir d’achat, la construction d’une économie « forte, résiliente et durable » et la création d’emplois.
Appel au secteur bancaire pour soutenir davantage l’investissement
Dans ce contexte, Sara Zaafrani Zenzri a appelé le secteur bancaire à jouer un rôle plus important dans le financement de l’économie.
Elle a estimé que l’engagement des banques ne doit pas se limiter à la recherche du profit financier, soulignant que le financement de l’investissement par le secteur bancaire privé demeure « très faible » et ne répond pas suffisamment aux défis de la période actuelle.
Elle a appelé la Banque centrale de Tunisie à exercer pleinement son rôle afin d’encourager les banques à soutenir davantage les investissements publics et privés.
Selon elle, un meilleur accompagnement financier de l’investissement profiterait également au secteur bancaire à moyen et long terme grâce à la création de richesse et au renforcement de la production.
La BCT met en avant la stabilité monétaire et la modernisation
De son côté, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fethi Zouheir Nouri, a affirmé que l’institution a réussi à obtenir des résultats « concrets » dans la préservation de la stabilité monétaire et financière.
Il a notamment cité : la maîtrise de l’inflation ; la stabilité du taux de change ; la préservation des réserves en devises ; le remboursement d’une part importante de la dette publique dans les délais.
Il a souligné que ces résultats ont été obtenus malgré un contexte international difficile et des pressions croissantes sur l’économie mondiale.
Le gouverneur de la BCT a également indiqué que l’année 2025 a été marquée par l’accélération des programmes de modernisation et de digitalisation de la banque centrale.
Ces efforts concernent notamment : la numérisation des opérations ; le développement des systèmes de paiement ; le renforcement de la conformité aux normes internationales ; la modernisation des infrastructures technologiques et des systèmes d’information ; le lancement d’applications liées à l’intelligence artificielle ; l’exploitation avancée des données ; le renforcement des partenariats avec les institutions financières arabes et internationales.
“Les chiffres doivent se traduire par des résultats concrets pour les citoyens”
À l’issue de la rencontre, la cheffe du gouvernement a estimé que les résultats enregistrés reflètent, selon elle, la pertinence des choix nationaux et confirment l’orientation de l’État en faveur de la souveraineté économique et financière.
Elle a également affirmé que cette approche vise à favoriser un développement « global, juste et équilibré », reposant sur les capacités propres du pays.
Toutefois, elle a insisté sur le fait que les indicateurs économiques et les chiffres annoncés ne prennent leur véritable valeur que lorsqu’ils se traduisent par des améliorations concrètes dans la vie quotidienne des citoyens, notamment à travers une meilleure qualité des services publics, l’amélioration du pouvoir d’achat et le renforcement de la justice sociale dans toutes les régions du pays.
R.I



