L’Association tunisienne de défense des petits actionnaires (TADA) lance une campagne d’éducation financière. Tout en alertant sur la nécessité de mandater des intermédiaires agréés, les dirigeants expliquent comment défiscaliser ses revenus.
Invités ce lundi 13 juillet 2026 sur les ondes de Jawhara FM, Abderrazak Hriz et Moncef Guitar, respectivement président et secrétaire général de la TADA, ont plaidé en faveur de la démocratisation de la culture boursière. Le président de l’organisation a rappelé que la Bourse de Tunis constitue la colonne vertébrale indispensable au financement de l’économie réelle, soulignant qu’au sein des pays développés, l’épargne de marché finance au moins 20 % des flux et des transactions économiques globales, « un ratio que la Tunisie doit impérativement cibler pour alléger la pression sur le secteur bancaire traditionnel », a-t-il indiqué.
Pour inciter les particuliers à orienter leurs liquidités vers les entreprises cotées, le secrétariat général de la TADA a mis en exergue l’existence d’un bouclier fiscal puissant mais méconnu. Il s’agit du Compte d’Épargne en Actions (CEA). Ce dispositif permet à tout contribuable de déduire l’intégralité des sommes injectées sur ce compte de son assiette d’imposition globale (IRPP). En contrepartie de ce gain fiscal direct, la législation impose un gel des avoirs et le blocage des lignes de titres sur une période d’indisponibilité obligatoire de cinq années consécutives, une formule que M. Hriz qualifie « d’idéale pour maximiser son épargne à long terme ».
Démystifier le marché : un premier ticket à moins de 1 000 dinars
Les responsables associatifs ont tenu à briser les idées reçues qui cantonnent la bourse aux grands capitaux. L’accès aux carnets d’ordres de la BVMT est accessible à tous les budgets, l’ouverture d’un compte-titres ordinaires pouvant s’opérer avec des mises initiales très modestes, inférieures à 1 000 dinars.
« L’architecture du marché tunisien autorise l’achat fractionné, un épargnant pouvant acquérir une ou deux actions isolées d’une entreprise pour tester la volatilité des cours, appréhender les mécanismes de valorisation et se familiariser avec les cycles boursiers sans engager sa sécurité financière », expliquent-ils. Et d’ajouter que « la flexibilité logistique dépend de la nature du compte d’investissement choisi. Si le portefeuille ordinaire permet une liquidité totale tant l’investisseur conserve le droit de passer des ordres de vente et de retirer ses capitaux de son compte de courtage à sa convenance 24h/24, le compte d’épargne CEA quant à lui exige le respect strict du calendrier de blocage sous peine de redressement fiscal ».
La TADA, qui déploie un encadrement technique totalement bénévole et gratuit au profit des personnes physiques et des PME, rappelle que le marché financier obéit à la dualité intrinsèque du gain et de perte. Pour naviguer sans encombre, l’association exhorte les épargnants à ignorer les spéculations des réseaux sociaux et à s’adresser exclusivement aux intermédiaires en bourse agréés et certifiés par le Conseil du Marché Financier (CMF).
Les investisseurs, conclue-t-on, peuvent opter pour un mandat de gestion individualisé, déléguant ainsi l’arbitrage quotidien des lignes à des traders professionnels pour optimiser les dividendes tout en s’appuyant sur l’audit permanent des bilans annuels fourni par l’association.



