FIFAK 2026 : Une édition charnière
La 39e édition du Festival international du film amateur de Kélibia (Fifak) se tiendra du 23 au 29 août 2026. Les préparatifs se déroulent actuellement avec un rythme accéléré. Organisé par la Fédération tunisienne des cinéastes amateurs avec le soutien du ministère des Affaires culturelles et de la ville de Kélibia, cet événement cinématographique proposera une riche programmation, composée de projections nationales et internationales, de débats passionnés et d’ateliers de formation technique.
La Presse —Bien que les écoles de cinéma transmettent désormais le savoir académique, la Fédération conserve son rôle essentiel de laboratoire pour l’expérimentation artistique et la découverte de nouveaux talents. Soutenu par des partenaires institutionnels, le festival s’affirme comme un tremplin historique ayant formé les plus grands noms du cinéma tunisien. Cette session charnière prépare ainsi le terrain pour le futur 40e anniversaire de cette institution majeure du 7e art amateur.
Cette 39e édition est articulée autour d’un programme diversifié et de défis structurels importants pour l’avenir du mouvement amateur. Le festival conserve son format classique axé sur l’échange et l’apprentissage. Le programme inclut des films produits récemment et issus des clubs de la Ftca, des films d’écoles et des œuvres de cinéastes amateurs indépendants. Deux jurys, l’un national et l’autre international constitués de personnalités cinématographiques, seront chargés d’attribuer les «Faucons » aux meilleures œuvres et d’animer des conférences.
D’autre part, des ateliers de formation et des débats autour des films après leurs projections constituent le cœur de l’événement. Les débats sont principalement animés par les jeunes cinéastes eux-mêmes qui échangent sur leurs œuvres. Une ambiance passionnée anime les discussions soulignant le caractère interactif de ces échanges qui se tiendront comme d’habitude à l’Ecole des pêches de Kélibia.
A l’approche de sa 40e édition, le Fifak fait face à plusieurs enjeux majeurs : regagner son identité face à la prédominance des écoles de cinéma. En effet, avec l’émergence des cursus universitaires de cinéma, la Ftca a perdu son monopole sur la formation. L’enjeu est donc de réaffirmer la dimension expérimentale du festival comme un complément indispensable à la formation académique et un lieu d’effervescence où les ateliers constituent, avec les projections et les débats, l’un des piliers de l’apprentissage des jeunes cinéastes encadrés par des professionnels de l’image, du scénario, du montage, de la réalisation aussi bien du documentaire que de la fiction.
Dans un contexte où la notion d’amateurisme recule, le Fifak cherche à maintenir son rôle de passerelle entre la pratique amateur et le milieu professionnel, rappelant que des cinéastes de renom comme Selma Baccar, Férid Boughedir, Habib Mestiri, Khaled Barsaoui, Ridha Béhi et d’autres y ont fait leurs débuts. Le festival se trouve à la croisée des chemins et doit prouver sa capacité à se renouveler tout en préservant l’originalité qui le caractérise depuis sa création.



