La vague de chaleur exceptionnelle qui frappe la Tunisie accentue les difficultés d’approvisionnement en eau, en raison notamment des coupures d’électricité qui perturbent le fonctionnement des stations de pompage et des forages.
La hausse des températures entraîne une multiplication des interruptions de courant, affectant directement la distribution de l’eau. La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) s’appuie sur près de 1 500 stations de pompage alimentées en électricité, ainsi que sur 1 200 puits profonds qui dépendent entièrement du réseau électrique.
Les coupures d’électricité provoquent l’épuisement des réservoirs d’eau. Après le rétablissement du courant, les stations de pompage et les forages ont besoin de temps pour retrouver leur rythme de fonctionnement normal et réalimenter les réseaux, ce qui entraîne des perturbations, voire des interruptions de l’approvisionnement dans certaines régions.
Les perturbations de la distribution de l’eau s’expliquent principalement par trois facteurs. Le premier concerne les travaux programmés réalisés sur les infrastructures hydrauliques, qui font l’objet d’annonces préalables. Le deuxième est lié aux pannes affectant le réseau de canalisations, long d’environ 59 000 kilomètres, dont une grande partie est âgée de plus de 40 ans. Le troisième facteur réside dans les coupures d’électricité, qui perturbent directement le fonctionnement des stations de pompage et des puits.
Concernant l’évaporation de l’eau des barrages, il a indiqué qu’il s’agit d’un phénomène naturel, fortement amplifié par les récentes vagues de chaleur. Les pertes ont ainsi dépassé un million de mètres cubes d’eau par jour à la fin du mois de juin et durant les pics de chaleur, contre une moyenne habituelle comprise entre 500 000 et 600 000 mètres cubes par jour pendant les périodes les plus chaudes.
Le taux de remplissage des barrages tunisiens atteignait environ 59 % à la fin du mois de juin. Il a précisé que les autorités n’ont pas retenu la solution consistant à recouvrir les barrages de sphères en plastique, afin de préserver la qualité de l’eau et de respecter les normes sanitaires.
En revanche, un partenariat entre les ministères de l’Agriculture et de l’Enseignement supérieur a été lancé pour expérimenter la couverture de plusieurs lacs collinaires afin de limiter l’évaporation.
S’agissant des projets stratégiques destinés à renforcer le système hydraulique, plusieurs chantiers d’envergure sont prévus, dont le projet de transfert des eaux du barrage de Barbara, d’un coût de 2 milliards de dinars, comprenant 147 kilomètres de conduites, destiné à alimenter les gouvernorats du Kef et de Siliana.
Autre projet; celui de l’exploitation des eaux du barrage de Serrat, estimé à 95 millions de dinars et comprenant 29 kilomètres de canalisations, dont la mise en service est attendue prochainement.
Par ailleurs, plusieurs projets de rénovation des réseaux vieillissants sont en cours. L’un concerne sept gouvernorats du sud et bénéficie d’un financement de 230 millions de dinars de la Banque allemande de développement. Un deuxième projet, d’une valeur de 670 millions de dinars, couvre les gouvernorats de Sfax, Kébili et Tozeur avec un financement de la Banque mondiale. Enfin, un troisième projet destiné au Grand Tunis est doté de 500 millions de dinars, financés par la Banque africaine de développement.
Les équipes de maintenance poursuivent leurs interventions sur le terrain afin de renouveler les réseaux et réparer les pannes malgré des conditions climatiques particulièrement difficiles. Il a averti que les températures pourraient atteindre 50 à 52 °C dans certaines régions du pays, notamment dans le gouvernorat de Tataouine.



