Editorial

Maîtrise énergétique

  • 21 juillet 2026
  • 3 min de lecture
Maîtrise énergétique

LA vague de chaleur exceptionnelle qui sévit depuis quelque temps a fini par causer un dysfonctionnement sérieux du système électrique national. Les pics de consommation, en raison de l’usage excessif de la climatisation, ont contraint, justement, notre opérateur national à procéder à des délestages ciblés, pour éviter les situations « extrêmes ».

Un recours nécessaire pour empêcher l’effondrement du réseau. Toutefois, l’on reconnaît que ces coupures programmées attestent de certaines  limites au niveau de notre système électrique. D’aucuns parlent même de la vulnérabilité structurelle de notre modèle énergétique, marqué par une forte dépendance aux importations de gaz et son incapacité à accélérer la transition vers les énergies renouvelables, notamment l’éolien et le solaire.

Pourtant, nos décideurs, tenant compte d’une stratégie bien réfléchie, ne cessent de rappeler l’urgence de cette transition et de donner toute son importance à ses enjeux socioéconomiques, qui s’imposent, de l’avis de tous les observateurs, comme incontournables et stratégiques.

Mieux, l’enjeu énergétique s’est replacé au cœur même du Plan de développement national 2026-2030 et est devenu un point stratégique des différents programmes retenus.

Certes, notre modèle est en évolution mais il est encore loin d’atteindre le niveau d’efficacité énergétique espéré, notamment dans les industries et le bâtiment, ou encore d’assurer une meilleure flexibilité à travers le développement du stockage, la sécurisation de l’approvisionnement et la modernisation du transport électrique. Aujourd’hui, on est en train de payer ce retard énergétique au prix fort.

D’ailleurs, l’Union des petites et moyennes entreprises (Upmi) a averti contre les conséquences financières très lourdes des coupures répétées qui impactent sérieusement la productivité et la compétitivité des entreprises, notamment dans certaines industries.

Selon les estimations de certains experts, si la Steg  procède à des coupures quotidiennes de 4 heures pendant 10 jours, les pertes liées à l’énergie non consommée dans le cycle économique seront d’environ 50 millions de dinars.

Pour les entreprises exportatrices, la situation est beaucoup plus grave, car toute coupure signifie, éventuellement, un non-respect des délais de livraison, ce qui risque d’entacher leur crédibilité auprès de leur clientèle étrangère et d’affecter, du coup, leur positionnement sur le marché économique international.

Et le bilan serait certainement beaucoup plus lourd si on incluait le coût lié à la détérioration des équipements ou de certains produits ou encore les dépenses liées à la remise en marche des installations… et la liste est très longue. Il est important, donc, de trouver des portes de sortie favorables.

Ainsi, en attendant la bonne conduite de la stratégie nationale de transition énergétique, et notamment les différents programmes retenus par le plan de développement 2026-2030, il est nécessaire de trouver les parades adéquates pour mieux gérer ces périodes de crise. On pense, en particulier, à la bonne coordination entre les différents intervenants, l’amélioration des dispositifs de protection des zones industrielles et la garantie d’une information fiable, rapide et précise. En plus clair, il est question de s’assurer une meilleure maîtrise énergétique.

Auteur

Anis SOUADI

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