Une campagne nationale de reboisement visant à planter plus de 200 000 arbres au mont Nadhour, dans la région de Ghar El Melh (gouvernorat de Bizerte), a été lancée par plusieurs créateurs de contenu tunisiens, avec la participation de plusieurs membres de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Prévue le 25 octobre 2026, cette initiative ambitionne de restaurer le couvert forestier gravement endommagé par le récent incendie qui a ravagé d’importantes superficies de la forêt.
Les initiateurs de la campagne entendent mobiliser l’ensemble des composantes de la société autour de cette action environnementale afin de contribuer à la réhabilitation des espaces forestiers sinistrés, tout en renforçant la sensibilisation à l’importance du reboisement et de la préservation des ressources naturelles.
Dans ce cadre, les organisateurs ont lancé un appel aux associations, aux organisations de la société civile, aux autorités locales et régionales, aux établissements publics et privés ainsi qu’aux citoyens pour soutenir cette initiative. Cette contribution pourra prendre la forme d’une participation aux opérations de plantation, d’un appui logistique ou encore d’actions de communication destinées à encourager une large mobilisation.
Selon les promoteurs du projet, cette campagne s’inscrit dans une démarche de responsabilité collective visant à fédérer les efforts de l’ensemble des acteurs afin de restaurer durablement le couvert végétal du mont Nadhour, préserver le patrimoine forestier national et soutenir les objectifs du développement durable.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des incendies de forêt en Tunisie. Plusieurs régions du pays ont été touchées ces dernières semaines par des feux d’une ampleur inhabituelle, favorisés par des conditions climatiques exceptionnelles, notamment des températures records et une vague de chaleur persistante de plus d’une semaine. Ces incendies ont causé d’importants dégâts aux écosystèmes forestiers et aux terres agricoles, tout en affectant les populations locales et leurs moyens de subsistance.
Les dernières données de la Direction générale des forêts indiquent que près de 4 400 hectares de forêts ont été détruits entre le 1er mai et le 23 juillet 2026, contre 2 705 hectares durant la même période de 2025, soit une augmentation de plus de 60 % des superficies touchées.
La même source fait également état de 90 incendies enregistrés entre le 11 et le 22 juillet 2026. Les principaux foyers se sont déclarés dans les forêts de Jebel Tewila (délégation de Nebeur) et de Jebel Takrouna (délégation de Sakiet Sidi Youssef) dans le gouvernorat du Kef, à Cap Negro (délégation de Nefza) dans le gouvernorat de Béja, au mont Nadhour à Rafraf et à Jebel Sidi Ali El Mekki dans le gouvernorat de Bizerte, à Jebel Echahma dans le gouvernorat de Zaghouan, ainsi que dans les forêts d’Aïn Draham, dans le gouvernorat de Jendouba.
Outre la destruction de vastes superficies de végétation, ces incendies ont entraîné la mort de nombreux animaux, la perte de cultures agricoles et de ruches, ainsi que l’évacuation de plusieurs habitants des zones sinistrées. Ils ont également porté un coup sévère aux moyens de subsistance de nombreuses familles, illustrant l’ampleur croissante des conséquences environnementales, économiques et sociales des incendies de forêt en Tunisie.
R.I



