A la une Culture

Festival d’El Jem : l’Italien Gianni Bruschi fait dialoguer la tradition napolitaine avec la chanson tunisienne

Avatar photo
  • 9 août 2026
  • 3 min de lecture
Festival d’El Jem : l’Italien Gianni Bruschi fait dialoguer la tradition napolitaine avec la chanson tunisienne

Le chanteur italien Gianni Bruschi a fait dialoguer samedi soir, sur la scène de l’amphithéâtre d’el Jem, le répertoire napolitain avec la chanson tunisienne, lors de sa deuxième apparition consécutive au 39e Festival international de musique symphonique d’El Jem.

Dans le spectacle « Naples dans la Méditerranée : les plus belles chansons de Naples », l’artiste s’est produit avec l’Orchestra instabile di Arezzo (OIDA), sous la direction du maestro Filippo Zambelli, proposant un répertoire musical entre les deux rives de la Méditerranée.

Ce concert clôturait la « Semaine de la musique italienne », organisée du 2 au 8 août à travers quatre rendez-vous dans les festivals de Hammamet, Carthage et El Jem, à l’occasion du 70e anniversaire des relations diplomatiques entre la Tunisie et l’Italie.

Entré en scène après l’ouverture du ténor Carlo Putelli sur Marechiare, Gianni Bruschi a enchaîné avec le classique Na sera ’e maggio. « La musique napolitaine se distingue par sa personnalité, sa mélodie et ses paroles qui évoquent la passion », a-t-il déclaré à l’agence TAP après le concert, évoquant également les liens de ce répertoire avec « les sonorités arabes et la Méditerranée ».

La soirée a également rendu hommage à de grandes figures de la tradition napolitaine, parmi lesquelles Roberto Murolo avec ’O sole mio, Vincenzo De Crescenzo avec Luna rossa et Teresa De Sio avec Voglia ’e turnà. Le spectacle a par ailleurs offert une immersion dans les traditions de la Tarantella et de la Tammurriata, expressions musicales et chorégraphiques largement pratiquées dans le sud de l’Italie.

Le chanteur a partagé la scène avec la mezzo-soprano Loredana Carannante sur Tu si ’na cosa grande et Luna rossa, avant d’interpréter seul Reginella et Tu ca nun chiagne.

Cette prestation faisait suite à son premier concert du 6 août, consacré aux grandes bandes originales du cinéma sous le titre « Cinecittà / Hollywood ». La soirée avait notamment rendu hommage à Ennio Morricone et Nino Rota à travers des extraits du Guépard et du Parrain. Bruschi y avait également interprété My Way, Maria, extrait de West Side Story de Leonard Bernstein, ainsi que I Don’t Care Much, de la comédie musicale Cabaret.

« Je me définis comme un chanteur « crossover », capable de naviguer entre différents registres », explique l’artiste, dont la formation s’étend du gospel au jazz et à l’opéra. « J’apprécie particulièrement la musique populaire et le jazz car ils touchent le public plus facilement ».

L’un des moments forts de la soirée a été l’hommage surprise au compositeur et chanteur tunisien Hédi Jouini, avec notamment l’interprétation de taht el yasmina puis de Samra par Gianni Bruschi, portée par son accent italien.

Ces chansons lui rappellent le style musical de Roberto Murolo, grande figure de la tradition napolitaine. Une affinité que l’artiste a soulignée à plusieurs reprises sur scène, évoquant les liens entre les traditions musicales napolitaine, tunisienne et, plus largement, méditerranéenne.

« C’était la meilleure façon d’être en contact avec le public. Voir les gens chanter avec moi était magnifique », a confié l’interprète, qui avait travaillé sa prononciation à distance avec des amis par téléphone.

Après un enchaînement de morceaux comprenant notamment Torna a Surriento et La Mamma de Charles Aznavour, le concert s’est achevé par le trio des solistes sur ’O sole mio, salué par une ovation du public.

Avatar photo
Auteur

La Presse

You cannot copy content of this page