Comme on ne s’y attendait pas, l’annonce du concours de recrutement de 580 agents par la Transtu a eu un retentissement populaire exceptionnel.
La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre au point que tous les supports médiatiques l’ont répercutée à grande échelle.
On ne le savait que trop. C’est le manque de personnels qui constitue l’un des obstacles devant l’évolution de cet opérateur de transport. Un manque devenu flagrant, notamment après l’acquisition de plusieurs centaines de nouveaux bus.
Ce matériel n’a pu être pris en charge comme il se devait.
Les bus sont là mais il n’y a pas suffisamment de conducteurs et de receveurs pour les faire circuler.
La Presse — Nous avons évoqué cette question à maintes reprises. Car il n’est pas normal d’apprêter un nouvel équipement sans l’accompagner des ressources humaines nécessaires.
Il n’y a pas eu la coordination attendue dans ce contexte. C’est ce qui a entraîné une certaine incapacité à répondre à la forte demande.
Un retard difficile à rattraper
En plus des 680 nouveaux bus, la Transtu disposerait, également, d’un nombre plus ou moins équivalent d’anciens bus. Sachant qu’un bus a besoin de deux agents (un chauffeur et un receveur), il faudrait plus de deux milliers d’agents.
Or, d’après les seuls chiffres publiés il y a près de deux ans, la Société compterait environ 2.500 chauffeurs-receveurs.
En tenant compte, uniquement, des départs à la retraite, il ne resterait pas assez de ressources humaines pour prendre en charge le matériel roulant.
D’ailleurs, on reconnaît, à la Transtu, qu’une part importante des véhicules (en particulier ceux appartenant au parc vieillissant) a une très faible disponibilité (moins de 40 %). C’est ce qui explique l’échec actuel de la Transtu à faire face à une demande en forte croissance.
En effet, comment peut-on répondre à un contingent de près de 100 millions de voyageurs payants rien que pour le mode bus ? C’est, effectivement, la demande approximative/an.
Même en recrutant un tel quota d’agents, l’entreprise de transport public ne pourra pas rattraper les retards accumulés durant plus d’une décennie dans le renouvellement du parc roulant et des personnels.
Parmi les 580 recrues envisagées, on ne compte que 336 chauffeurs-receveurs. Soit, à peu près, la moitié du personnel nécessaire pour faire fonctionner les 680 nouveaux bus !
Force pour nous de réaffirmer que ces effectifs ne pourront pas combler le déficit qui s’est creusé depuis plusieurs années.
Une rentrée qui s’annonce difficile
En outre, il ne faut pas perdre de vue les longs délais pour parvenir à réaliser cette opération. Déjà, la clôture des dépôts des candidatures est fixée au 8 septembre 2026. Sans compter l’examen des dossiers, la sélection des candidats, l’organisation du concours sur épreuves.
Il faudra plusieurs mois pour ne pas dire plus, pour que ces nouvelles recrues soient intégrées dans leurs nouvelles fonctions.
D’ici là, la qualité des services de la Transtu restera telle qu’elle est, aujourd’hui. Ceci dans le meilleur des scénarios.
Or, les usagers ne sont pas trop optimistes car les réactions de la Transtu viennent, toujours, en retard. Par conséquent, les solutions de rechange ne donnent aucun résultat et n’apportent aucune solution.
C’est, justement, ce qui fait craindre une rentrée administrative, universitaire et scolaire assez difficile.
On se demande, déjà, si les responsables de cette société seront capables d’honorer leurs engagements comme ils ne cessent de le claironner à chaque occasion.
Les faits, malheureusement, ont prouvé le contraire.
Toutefois, il reste des chances pour se rattraper. À ces responsables de les saisir.
Le recrutement de nouveaux agents en ce moment n’est pas la panacée. Car il ne suffit pas d’augmenter les effectifs pour satisfaire une demande qui a largement dépassé les moyens de notre opérateur de transport.
L’affectation des futurs agents va, certes, prendre beaucoup de temps. Tout le monde connaît les procédures administratives en vigueur dans des cas similaires. Aussi, une amélioration dans les déplacements des usagers n’est pas pour demain.
Pour l’heure, ceux qui veillent aux destinées de la Transtu ont intérêt à concentrer leurs efforts sur une plus grande optimisation des possibilités existantes en cherchant à être plus à l’écoute des clients et (pourquoi pas) des propres employés de la Société elle-même. En effet, certains ont bien des idées à avancer et des propositions à faire. Notamment parmi les anciens dont beaucoup se considèrent comme inutiles faute d’être pris en compte.
Une entreprise telle que la Transtu ne peut pas être dirigée par un responsable mais par une équipe engagée et volontaire. Elle ne doit pas négliger les avis des anciens et des compétences.
Ne pas négliger les aspects techniques
Le manque de personnels aurait pu être résolu par les méthodes utilisées par le passé. À savoir les heures supplémentaires. Cela se pratiquait avant. Pourquoi pas maintenant en attendant de résoudre l’épineuse question de déficit en ressources humaines ? S’il y a des obstacles réglementaires, il y a, toujours, moyen de les surmonter.
Autrement, il y a lieu de s’attendre à de grands problèmes à partir de septembre prochain à l’occasion du retour à la double séance et aux rentrées universitaire et scolaire.
La nouvelle de ce recrutement de 336 chauffeurs-receveurs ne peut pas faire de l’ombre à l’autre aspect du même volet. On veut parler d’autres profils d’agents à recruter. On compte, entre autres, 18 agents techniques, 6 techniciens supérieurs et 5 ingénieurs.
Les différentes spécialités concernées vont de l’électricité à l’informatique, en passant par l’électromécanique ou la maintenance industrielle.
Il est normal de disposer d’un tel personnel et même en plus grand nombre pour relever le défi de la remise à niveau du matériel vétuste et, surtout, l’entretien et la maintenance des nouveaux équipements.
Il est vrai que les résultats de tous ces efforts ne pourront pas se voir de sitôt. Mais, malgré tout, il y a de quoi être rassuré pour la période à venir si ces mesures sont accompagnées d’une meilleure gouvernance.
Le côté technique et de maintenance, faut-il le préciser, n’est pas à négliger. C’est même l’un des piliers pour la préservation des matériels et leur pérennité.
Sur ce point, un retraité de la Transtu (ex-Snt) se dit sidéré devant l’incapacité de la société à réparer la climatisation à l’intérieur des rames de métro où les passagers suffoquent comme dans un sauna. Pour lui, “un bon réparateur de chaud-froid est capable de remettre en marche le dispositif de climatisation ! Pas besoin d’un ingénieur ! “ Pourquoi les responsables n’ont-ils rien tenté jusqu’à ce jour, ajoute t-il ?
Qui est capable de lui répondre ?



