Il fut un temps où la ville de Bizerte brillait par sa propreté exemplaire, ses rues ordonnées, ses places accueillantes et ses jardins entretenus. Une ville méditerranéenne qui respirait l’élégance et l’harmonie, où l’urbanisme était synonyme de respect du citoyen et de dignité collective.
Aujourd’hui, ce tableau est brisé. Les étals anarchiques prolifèrent sans contrôle, envahissant trottoirs, chaussées, parcs et jardins. Les déchets s’amoncellent, transformant les espaces publics en dépotoirs à ciel ouvert. La saleté s’impose comme une norme, et l’insalubrité devient le quotidien des habitants.
Face à cette catastrophe hygiénique (et c’est un euphémisme !), les autorités municipales se montrent dépassées, incapables de réagir, indifférentes à la souffrance des citoyens. Les cris d’alarme lancés par la presse et les riverains depuis des années restent sans écho. Le laisser-aller est devenu une politique implicite, une abdication devant le désordre.
Ce silence est coupable. Car il ne s’agit pas seulement d’esthétique urbaine : il s’agit de santé publique, de respect de l’environnement, de qualité de vie. Les nuisances sont multiples : pollution visuelle, sonore, olfactive, propagation de maladies, dévalorisation du patrimoine urbain, atteinte à l’image de la ville.
Il est temps de dire stop. Bizerte mérite mieux que cette déchéance. Elle mérite de retrouver son rang de cité modèle, symbole de beauté et de propreté. Mais cela ne se fera pas sans une prise de conscience collective, sans un sursaut citoyen, sans une volonté politique ferme.
Laisser la ville sombrer dans l’anarchie, c’est trahir son histoire et condamner son avenir. Bizerte est en danger. Et ce danger, nous le vivons chaque jour, dans chaque rue, sur chaque place.
M.B



