Economie

Intelligence artificielle : Accomplir en dix ans ce qui nécessitait un siècle !

  • 15 août 2026
  • 4 min de lecture
Intelligence artificielle : Accomplir en dix ans ce qui nécessitait un siècle !

L’intelligence artificielle pourrait permettre aux pays en développement d’accélérer leur rattrapage économique et social, sans nécessiter d’investissements technologiques démesurés. Selon la Banque mondiale, l’enjeu réside désormais dans la capacité à adopter et adapter les outils existants aux réalités locales, tout en renforçant les infrastructures, les compétences et les institutions nécessaires à leur déploiement.

La Presse — Accomplir en dix ans ce qui nécessitait un siècle est désormais possible dans les pays en développement grâce à l’intelligence artificielle (IA), a affirmé la Banque mondiale dans une nouvelle publication, début août, intitulée « La promesse de l’intelligence artificielle ». Mieux encore, cette accélération ne nécessite ni la mise en place de gigantesques centres de calcul ni des investissements colossaux, mais juste la maîtrise d’outils déjà existants en accès libre sur internet.

Un levier de rattrapage à portée de main

« L’IA offre aux économies en développement un levier d’action vital qu’elles doivent saisir », a déclaré Indermit Gill, premier vice-président et économiste en chef du Groupe de la Banque mondiale, à l’occasion du lancement du rapport, expliquant que les économies en développement «n’ont pas besoin de grands modèles ni de vastes centres de données pour en tirer parti ».

« En adaptant des outils d’IA de petite taille et peu coûteux aux réalités locales, détaille Indermit Gill, ces pays peuvent mettre à la portée de millions de personnes des services de meilleure qualité, des soins médicaux à la vulgarisation agricole, en passant par l’éducation et la justice ».

L’économiste en chef appelle, toutefois, les pays en développement à agir vite, car l’IA se propage plus rapidement que les technologies qui l’ont précédée à l’instar de l’électricité et d’Internet.

En termes d’impact sur les emplois, le rapport de la Banque mondiale affirme que les incidences de l’IA sur la perte d’emplois sont moins importantes pour les pays à revenu faible ou intermédiaire que pour les pays à revenu élevé.

Dans les pays en développement, uniquement 4,5 % des emplois existants sont menacés, contre 14,2 % dans les pays à revenu élevé, a indiqué la Banque mondiale dans son rapport, précisant en revanche que « 16,2 % des emplois dans les économies en développement pourraient enregistrer d’importants gains de productivité grâce à l’IA », soit un niveau proche de celui des pays développés (18,7%), ce qui constitue une opportunité historique de réduire le gap de croissance et de développement sans la nécessité de déployer de gros moyens. Concrètement, selon toujours le rapport de la BM, « l’IA aide déjà les populations, les entreprises et les gouvernements à résoudre des problèmes, à analyser des informations, à améliorer les prévisions et à fournir des services à plus grande échelle ». Ainsi faisant, l’IA comble une importante carence en expertise dans de nombreux domaines « dans les pays où le nombre de professionnels qualifiés, les registres fiables et les capacités publiques sont souvent limités ».

Les bases indispensables pour ne pas rater le virage

« Les outils d’IA aident les médecins à poser un diagnostic, les agriculteurs à prendre de meilleures décisions et les entreprises à accroître leur productivité. Les gouvernements pourraient eux aussi utiliser l’IA pour améliorer le recouvrement des impôts, les programmes sociaux, la gestion des catastrophes, les soins de santé et l’éducation », ajoute la même source. Il est à préciser, par ailleurs, que tous les pays ne tirent pas profit de l’IA à la même cadence.

«Les systèmes d’IA les plus avancés sont actuellement développés par un petit nombre de pays et d’entreprises, tandis que de nombreuses économies en développement manquent encore de l’électricité, de l’accès à internet, des données, des compétences et des institutions nécessaires pour exploiter efficacement l’IA ». Du coup, un effort de rattrapage est tout de même nécessaire, la Banque mondiale proposant une stratégie en trois étapes : « adopter les outils disponibles, les adapter aux réalités locales et, avec le temps, passer au développement d’une IA de pointe ».  « Les pays en développement qui, dès aujourd’hui, posent les bases indispensables — électricité, connectivité, compétences et institutions — seront bien placés pour adopter et adapter l’IA au service de leurs populations », conclut Gaurav Nayyar, directeur du Rapport sur le développement dans le monde 2026, dont relève « La promesse de l’intelligence artificielle».

Auteur

Lassâad BEN AHMED

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