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Fuite de pétrole au large d’Oman : Risques de perturbation maritime régionale

  • 15 août 2026
  • 4 min de lecture
Fuite de pétrole au large d’Oman : Risques de perturbation maritime régionale

L’ampleur des dégâts causés par une fuite de pétrole provenant d’un pétrolier russe soumis aux sanctions s’étend au large des côtes du Sultanat d’Oman, la nappe atteignant désormais les rivages omanais, tandis que des navires spécialisés, des avions et des équipements sont dépêchés dans la zone pour tenter de contenir les effets d’un déversement qui dure depuis des semaines.

La Presse — La société britannique de gestion des risques Ambrey a indiqué, jeudi, que l’intervention mobilise des navires de sauvetage, des avions, des experts et plus de 100 tonnes d’équipements, précisant avoir mandaté une entreprise internationale spécialisée dans la réponse aux incidents de pollution pétrolière, selon Reuters.

L’incident remonte au pétrolier Caroline Bezengi, qui transportait environ 800.000 barils de pétrole russe et a échoué au large des côtes omanaises en juin dernier, après un accident survenu lors de son trajet de la Russie vers l’Inde.

Des images du pétrolier montrent des dommages susceptibles d’être liés à un incendie ou une explosion, sans qu’il soit encore possible de déterminer la cause de l’incident ni d’identifier une partie responsable, selon Ambrey et des sources de sécurité maritime.

Selon les estimations de Greenpeace, relayées par CNN, la nappe de pétrole couvre environ 1.300 km², certaines portions atteignant le littoral omanais à près de 200 km du site du pétrolier. L’organisation a indiqué que l’analyse d’images satellites révèle des nappes dispersées dans plusieurs zones, ce qui montre une expansion du déversement plutôt qu’une concentration en un seul bloc.

Les efforts de confinement sont confrontés à des défis supplémentaires en raison des vents de mousson dans la région, selon Ambrey, tandis que les autorités omanaises surveillent les impacts potentiels sur l’environnement et les ressources halieutiques.

Le ministère omanais de l’Agriculture, de la Pêche et des Ressources hydriques a confirmé la poursuite des opérations de surveillance et de prélèvement d’échantillons de produits de la mer vendus sur les marchés afin de vérifier leur sécurité, appelant les pêcheurs et usagers de la mer à éviter les zones où apparaissent des nappes huileuses ou des changements visibles dans l’eau ou la faune marine.

L’incident prend une dimension supplémentaire en raison de la nature du pétrolier et de son itinéraire : le Caroline Bezengi a quitté le port russe de Novorossiïsk sur la mer Noire, a traversé le canal de Suez avant de se diriger vers la mer d’Arabie, transportant une cargaison de pétrole russe malgré les sanctions, selon les données de suivi maritime citées par Reuters.

Le pétrolier est classé dans ce que l’on appelle la «flotte fantôme», utilisée pour transporter du pétrole russe en contournant les sanctions occidentales, ce qui remet en lumière les risques liés aux navires opérant sous des régimes complexes de propriété, d’assurance et de transport.

La fuite survient alors que les voies maritimes entourant la péninsule arabique connaissent une large perturbation, parallèlement au maintien de restrictions sur le trafic des navires dans le détroit d’Ormuz.

Alors que les opérations de confinement se poursuivent au large des côtes omanaises, l’incident apparaît comme l’une des conséquences environnementales directes de la perturbation de la navigation régionale, les inquiétudes demeurant quant à l’extension des dégâts vers des zones maritimes et côtières plus sensibles.

(Synthèse de médias)

Auteur

Nizar Hajbi

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