Editorial

Conseil de l’éducation : le vrai chantier commence maintenant

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  • 17 août 2026
  • 3 min de lecture
Conseil de l’éducation : le vrai chantier commence maintenant

Il aura fallu deux ans pour que le Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement passe du texte à la réalité. Sa naissance, en 2024, répond à un constat incontestable en Tunisie. L’école ne va pas bien. Le décrochage scolaire touche chaque année près de 100.000 enfants d’âge scolaire, qui quittent le système sans diplôme ni perspective. À cela s’ajoutent la violence dans les établissements, des filières qui ne mènent nulle part et une qualité de l’enseignement que beaucoup jugent en net recul. Derrière ces chiffres se joue quelque chose de plus large, la promesse d’une école capable de faire progresser un enfant quelle que soit son origine sociale. C’est précisément cette promesse, celle d’un ascenseur social en panne depuis des années, que le Conseil est censé raviver.

C’est dans ce contexte que le décret-loi n°2 de 2024, daté du 16 septembre 2024, a créé le Conseil, à l’issue d’une consultation nationale. Il ne s’agit pas d’un simple organe administratif de plus. Le Président Kaïs Saïed a lui-même présenté cette institution constitutionnelle comme une réponse à la politique de destruction du secteur éducatif, une dérive qui aurait multiplié les filières sans débouchés et réduit les perspectives des jeunes Tunisiens, notamment ceux issus des milieux les plus modestes, pour qui l’école a longtemps constitué le principal, sinon le seul chemin vers une vie meilleure.

Le mandat confié au Conseil dépasse largement les murs de l’école. Il doit évaluer et réformer l’ensemble du système éducatif, de l’enseignement supérieur à la recherche scientifique, en passant par la formation professionnelle et les politiques d’emploi. Un mandat qui traduit l’ambition de traiter la chaîne éducative dans son ensemble, de l’école primaire jusqu’à l’insertion professionnelle.

Avec la parution de trois décrets présidentiels au Journal officiel, l’instance prend pleinement corps. Mais cette mise en place n’est que la partie visible du chantier car le Conseil hérite d’un dossier lourd, à la mesure du diagnostic qui a justifié sa création.

Il devra, d’abord, prouver qu’il peut peser réellement sur les décisions, au-delà du rôle consultatif que lui confère son texte fondateur. Il lui faudra, ensuite, transformer en réformes concrètes des maux identifiés depuis des années (décrochage scolaire, violence en milieu scolaire, inadéquation formation-emploi …) sans se limiter à un nouvel exercice de diagnostic.

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Auteur

Samir DRIDI

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