Quand des prêches ciblent les animaux errants, l’association Rahma porte plainte
L’association Rahma, représentée par l’avocate Yosr Aoun, a déposé une plainte auprès du ministère des Affaires religieuses contre deux prédicateurs de Sousse et de Sfax, leur reprochant des appels visant les animaux errants.
L’affaire a été portée sur le terrain administratif. L’avocate près la cour d’appel Yosr Aoun, représentant l’association « Rahma » pour la protection des animaux à Sousse, a saisi officiellement le ministère des Affaires religieuses au sujet de déclarations et d’appels attribués à deux prédicateurs religieux, l’un à Sousse et l’autre à Sfax.
Ces déclarations auraient été diffusées à travers plusieurs tribunes et émissions télévisées et porteraient sur les animaux errants. Lors d’une intervention téléphonique dans l’émission « Sabah El Ward », sur Jawhara FM, Yosr Aoun a précisé les motifs avancés par l’association dans sa plainte.
Selon l’avocate, les prêches concernés appellent notamment à ne pas nourrir ni abreuver les animaux errants, cette pratique étant présentée comme une diminution des bonnes actions. Elle affirme également que ces discours autorisent l’empoisonnement et la mise à mort de ces animaux et comportent des expressions jugées insultantes et méprisantes envers leurs propriétaires ainsi que les militants engagés dans ce domaine.
L’association a, dans un premier temps, choisi de saisir l’administration plutôt que les tribunaux. Yosr Aoun explique que la requête a été adressée au ministère des Affaires religieuses en tant qu’autorité de tutelle, avec pour objectif de rectifier ce type de discours et d’obtenir la publication d’un communiqué appelant au respect de la compassion. Elle précise que cette démarche tient compte de l’autorité morale des prédicateurs et intervient avant un éventuel recours judiciaire.
L’avocate prévient toutefois qu’en l’absence de réaction du ministère, l’association envisage de porter l’affaire devant la justice. Elle souligne également la nécessité, selon elle, de combler le vide législatif concernant la criminalisation de l’incitation à tuer les animaux.
S.M



