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Bizerte suffoque sous le trafic : explosion du parc automobile et plan directeur incohérent

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  • 20 août 2026
  • 4 min de lecture
Bizerte suffoque sous le trafic : explosion du parc automobile et plan directeur incohérent

Embouteillages interminables, stationnement sauvage, taxis mal placés et un plan directeur qui complique tout… À Bizerte comme dans les grandes villes tunisiennes, la circulation est devenue un cauchemar quotidien. L’explosion du parc automobile en 2025-2026 révèle l’urgence d’une refonte totale de la mobilité urbaine.

À Bizerte-ville, comme dans la plupart des grandes agglomérations tunisiennes, la circulation est devenue un véritable calvaire. Embouteillages interminables, stationnement sauvage, altercations entre automobilistes, incidents mineurs ou sérieux entre les usagers… Le quotidien des citadins est rythmé par un chaos routier qui mine la qualité de vie.

Un parc automobile en pleine explosion

La croissance spectaculaire du parc automobile tunisien a bouleversé l’équilibre urbain. Les routes, conçues pour un trafic bien moindre, sont saturées. Les parkings publics inexistants et les privés rarissimes, ne suffisent plus à absorber la demande. Chaque sortie en voiture se transforme en quête désespérée d’une place de stationnement.

Face à un réseau de transport collectif insuffisant, les Tunisiens privilégient la voiture pour la moindre course. Cette dépendance accentue la congestion et alimente une pollution croissante. La recherche obstinée d’un stationnement proche des commerces aggrave encore la situation. Et il est devenu, aujourd’hui, tout à fait naturel d’assister à des trottoirs squattés par toutes sortes d’engins, contraignant les piétons à emprunter la chaussée et à s’exposer à de véritables dangers.

Un plan directeur incohérent

À Bizerte, la circulation est officiellement régie par un plan directeur censé organiser le trafic. Mais loin d’apporter des solutions, ce dispositif est jugé incohérent et irrecevable par de nombreux observateurs. Mal adapté aux réalités locales, il complique le problème au lieu de l’alléger, en créant des itinéraires absurdes et des zones de blocage supplémentaires.

Aux heures de pointe, l’absence d’agents de la circulation laisse les automobilistes livrés à eux-mêmes. Les feux tricolores défectueux ou ignorés ajoutent au désordre. Les querelles et prises de bec deviennent monnaie courante, révélant une nervosité généralisée.

La congestion routière à Bizerte, et en Tunisie d’une manière générale, s’explique par une mécanique implacable : l’explosion du parc automobile entraîne une saturation des voies, l’absence de transport public efficace renforce la dépendance à la voiture, le manque de parkings pousse au stationnement sauvage, et un plan directeur incohérent ajoute de la confusion au lieu d’apporter de la clarté. À cela s’ajoute une régulation quasi inexistante, qui laisse les automobilistes livrés à eux-mêmes et transforme chaque déplacement en parcours du combattant.

Quelles solutions ?

Rompre ce cercle exige une stratégie globale. Le développement d’un transport public moderne et fiable apparaît comme une priorité, tout comme la création de parkings structurés et accessibles. La révision du plan directeur de la circulation est indispensable pour l’adapter aux réalités locales et fluidifier les trajets. La présence accrue d’agents, la modernisation des feux et des sanctions contre le stationnement sauvage doivent compléter l’effort. Enfin, encourager la mobilité douce et sensibiliser les citoyens à des comportements plus responsables pourrait contribuer à apaiser des villes aujourd’hui étouffées par le trafic.

La circulation n’est pas une fatalité. Elle est le reflet d’un choix collectif et d’une politique urbaine. Sans une stratégie claire, les villes tunisiennes risquent de rester prisonnières d’un chaos routier qui mine la qualité de vie et l’économie locale.

M.B

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Auteur

La Presse

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