Tabagisme : les femmes davantage exposées à la dépression et au tabagisme au domicile
Une étude tunisienne menée auprès de 471 fumeurs relève une fréquence plus élevée des antécédents de dépression et de l’exposition au tabagisme au domicile chez les femmes que chez les hommes.
Une étude médicale tunisienne publiée dans une revue scientifique reconnue met en évidence des différences entre les femmes et les hommes fumeurs concernant plusieurs caractéristiques sociales, psychologiques et liées au tabagisme. Elle a été réalisée par des médecins de la Faculté de médecine de Tunis et de l’hôpital Abderrahman-Mami de pneumologie à Ariana.
L’étude a porté sur 471 fumeurs ayant fréquenté la clinique de sevrage tabagique de l’hôpital Abderrahman-Mami entre janvier 2024 et décembre 2025. L’échantillon était composé de 370 hommes, soit 78,6 %, et de 101 femmes, soit 21,4 %. L’âge moyen était de 47 ans chez les hommes et de 46 ans chez les femmes.
Les antécédents de dépression étaient plus fréquents chez les femmes, avec un taux de 63,4 %, contre 36,9 % chez les hommes. L’exposition au tabagisme à l’intérieur du domicile concernait également davantage les femmes : 55,6 %, contre 28,3 % chez les hommes.
L’étude fait aussi état d’écarts sur certaines caractéristiques sociales. La proportion de femmes divorcées atteignait 11,9 %, contre 3,8 % chez les hommes. Les femmes ayant un niveau d’études universitaires représentaient par ailleurs 42,6 % de l’échantillon féminin, contre 37,8 % chez les hommes.
À l’inverse, la consommation d’alcool associée au tabagisme était plus fréquente chez les hommes. Elle concernait 33,4 % d’entre eux, contre 17 % des femmes.
Concernant la dépendance au tabac, le score moyen obtenu au test de Fagerström s’élevait à 6,47 chez les hommes et à 5,98 chez les femmes. Les femmes avaient également davantage effectué de tentatives antérieures d’arrêt du tabac.
Les antécédents médicaux concernaient plus de la moitié des participants, avec des proportions proches entre les deux sexes : 58,1 % chez les hommes et 55,4 % chez les femmes.
L’étude incluait des patients ayant effectué au moins trois consultations de suivi à la clinique de sevrage tabagique. Les chercheurs ont recueilli des données relatives aux caractéristiques sociodémographiques, à l’historique du tabagisme, aux antécédents médicaux et psychologiques ainsi qu’au degré de préparation à l’arrêt du tabac.
Les résultats font ainsi apparaître des différences entre les femmes et les hommes fréquentant les cliniques de sevrage tabagique, notamment concernant les facteurs psychologiques et sociaux, l’exposition au tabagisme au domicile et la consommation d’alcool. L’étude souligne l’importance de prendre en compte les spécificités des femmes et des hommes ainsi que les facteurs sociaux et psychologiques qui leur sont associés dans les approches de sevrage tabagique.
S.M



