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Naufrage à Zarzis : le témoignage de l’unique rescapé

  • 22 août 2026
  • 5 min de lecture
Naufrage à Zarzis : le témoignage de l’unique rescapé

L’unique rescapé du naufrage d’une embarcation de migration irrégulière au large de Zarzis et Ben Guerdane, dans le gouvernorat de Médenine, a raconté son calvaire après avoir passé plus de deux jours en mer. L’embarcation transportait 15 jeunes hommes, selon son témoignage. Les opérations de recherche des personnes portées disparues se poursuivent avec la participation des unités de la Garde nationale, de l’Armée nationale et de marins volontaires.

L’unique rescapé du naufrage est actuellement pris en charge au service de médecine générale de l’hôpital régional de Zarzis, où il est hospitalisé depuis vendredi soir. Il souffre notamment de brûlures du premier degré.

Dans un témoignage livré à la TAP, le jeune homme a indiqué que l’embarcation transportait 15 personnes, toutes des hommes. La plupart portaient des gilets de sauvetage, à l’exception de cinq passagers, a-t-il précisé.

Il a également démenti les informations diffusées sur les réseaux sociaux faisant état de la présence à bord d’un couple, dont la femme aurait été enceinte.

Une embarcation qui sombre quelques heures après le départ

Selon le récit du rescapé, l’embarcation a pris la mer depuis la région de Zarzis et Ben Guerdane. Après environ cinq heures de navigation, de l’eau a commencé à s’infiltrer à bord, avant que l’embarcation ne sombre.

Le jeune homme affirme avoir alors passé plus de deux jours à nager, tentant de rester en vie dans des conditions particulièrement difficiles.

Il a finalement été repéré en mer par un navire libyen en provenance de Misrata et se dirigeant vers le port de Zarzis. Il a ensuite été remis aux autorités tunisiennes avant d’être transféré à l’hôpital régional de Zarzis, où il est actuellement suivi médicalement.

Mauvaises conditions météorologiques et surcharge évoquées

Le rescapé attribue le naufrage à la dégradation des conditions météorologiques et à la surcharge de l’embarcation.

Outre le nombre élevé de passagers, le bateau transportait, selon son témoignage, environ 18 jerricans d’essence ainsi que plusieurs récipients contenant de l’eau.

Il a toutefois estimé que l’état général de l’embarcation n’était pas, à lui seul, suffisamment dégradé pour expliquer son naufrage.

Son récit évoque également les tentatives désespérées de certains passagers pour se maintenir à flot après le naufrage. Le rescapé a notamment raconté avoir tenté d’aider l’un de ses compagnons en lui tendant un récipient afin qu’il puisse s’y agripper.

Il a décrit les heures passées en mer comme un combat contre les vagues, la faim et la soif, dans une tentative désespérée de survivre.

Une région plongée dans l’attente

Le drame a profondément affecté les délégations de Zarzis et de Ben Guerdane, alors que les familles et les proches des passagers attendent toujours des nouvelles des personnes portées disparues.

Les opérations de recherche se poursuivent avec la mobilisation des unités de la Garde nationale et de l’Armée nationale, ainsi que de marins volontaires.

Des habitants continuent également de se rassembler au port de pêche maritime de Zarzis, où ils suivent l’évolution des recherches dans une atmosphère marquée par l’inquiétude.

Le témoignage douloureux des parents du rescapé

Les parents de l’unique rescapé se sont rendus à l’hôpital pour retrouver leur fils. Leur soulagement de le savoir vivant reste toutefois mêlé à l’inquiétude concernant les autres passagers portés disparus.

Selon le père du jeune homme, sept membres de la même famille avaient pris part à cette traversée.

Il a expliqué que son fils, comme de nombreux jeunes de Ben Guerdane, avait quitté l’école à un âge précoce et était resté sans emploi. Il travaillait occasionnellement dans le commerce transfrontalier au niveau du passage de Ras Jedir, activité dont dépendent de nombreuses familles de la région.

La fermeture du passage frontalier a cependant réduit les possibilités de revenus pour une partie des habitants, selon le père, qui estime que cette situation a contribué à renforcer le sentiment de précarité chez les jeunes.

Tout en dénonçant les difficultés socio-économiques auxquelles sont confrontés les jeunes de la région, il a insisté sur le fait que la migration irrégulière ne constitue pas une solution, appelant à la création d’emplois et à l’amélioration des perspectives économiques locales.

La mère du rescapé a, pour sa part, évoqué la douleur et l’angoisse vécues par les familles lorsque leurs enfants prennent la mer clandestinement, parfois sans prévenir leurs proches.

Le gouverneur de Médenine, Walid Taboubi, s’est rendu à Zarzis, accompagné des délégués de Zarzis et de Ben Guerdane, afin de suivre sur place la situation et les opérations de recherche.

Les autorités sécuritaires et militaires poursuivent leurs interventions pour tenter de retrouver les personnes portées disparues.

À ce stade, le nombre définitif de victimes et de personnes portées disparues n’est pas encore établi. Le témoignage de l’unique rescapé constitue notamment la principale source disponible concernant le nombre de personnes présentes à bord, dans l’attente des résultats des opérations de recherche.

S.R

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S. R

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