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Marché locatif en Tunisie : entre envolée des prix et déclin du pouvoir d’achat

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  • 27 août 2026
  • 2 min de lecture
Marché locatif en Tunisie : entre envolée des prix et déclin du pouvoir d’achat

Le marché de la location immobilière en Tunisie fait face à une forte pression sur les prix. Cette situation s’explique par la hausse des coûts de construction et d’acquisition, le déclin du pouvoir d’achat, une demande locative accrue et l’essor des locations de courte durée.

Les données officielles confirment cette tendance. Au quatrième trimestre 2025, les prix de l’immobilier bâtis ont augmenté de 5,6 % en un an (5,7 % pour les appartements et 5,6 % pour les maisons). L’augmentation varie selon les régions : elle atteint 2,9 % dans le Grand Tunis et 6,9 % dans la région du Sahel.

Selon Hechmi Meliani, président de la Chambre nationale des promoteurs immobiliers, le renchérissement du foncier, des matériaux et de la main d’œuvre fait grimper les prix. Le mètre carré constructible atteint parfois 5 000 à 5 500 dinars, et la construction d’un logement S+2 peut coûter jusqu’à 900 000 dinars. Avec des ventes en baisse de 80 %, l’impossibilité d’acheter reporte la population vers la location, poussant des loyers autrefois compris entre 500 et 550 dinars vers des niveaux oscillant entre 700 et 900 dinars.

Mohsen Chaabani, président du Groupement professionnel des agences immobilières, souligne l’impact de l’emplacement et de la saisonnalité, renforcé par la venue des Tunisiens résidant à l’étranger et de touristes. La location de courte durée, pouvant atteindre 200 à 300 dinars la nuit, réduit l’offre pour les familles. Il préconise un encadrement strict de cette pratique, ainsi qu’une régulation du métier d’intermédiaire pour éviter la hausse artificielle des prix.

Du côté des consommateurs, Thouraya Tebassi, vice présidente de l’Organisation tunisienne pour la défense du consommateur, alerte sur l’inadéquation entre loyers et revenus. L’endettement des propriétaires pour acquérir leurs biens se répercute sur les quittances, et les loyers jugés raisonnables (entre 900 et 2 500 dinars) dépassent souvent le budget des ménages. Elle rappelle l’importance de rédiger des contrats clairs pour protéger les deux parties.

Cette conjoncture freine aussi l’investissement locatif et fait baisser les transactions au quatrième trimestre 2025 (de 4,9 % pour les appartements et 2,4 % pour les maisons). Pour débloquer le secteur,  Meliani propose de mobiliser les fonds du FOPROLOS pour offrir des crédits immobiliers à un taux de 3 %, facilitant ainsi l’accès à la propriété.

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Auteur

La Presse

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