Monde

Ebola : Le virus progresse plus vite que les moyens déployés pour le combattre !

  • 30 août 2026
  • 6 min de lecture
Ebola : Le virus progresse plus vite que les moyens déployés pour le combattre !

Jusqu’au 26 août, au moins 1 293 personnes ont été guéries et 843 autres continuent d’être prises en charge. Pour stopper la propagation du virus, l’OMS a lancé l’initiative « Fleuve Congo Sans Ebola » qui consiste à contrôler tous les passagers se déplaçant par voie fluviale en provenance des régions affectées.

Les Nations unies avaient mobilisé jusqu’ici plus de 80 millions de dollars, des ressources qui ne permettront, selon Guterres, de tenir que « des semaines, pas des mois ».

La Presse —  La maladie de fièvre hémorragique à virus Ebola, officiellement déclarée à la mi-mai 2026 en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, progresse plus rapidement que les moyens déployés pour la combattre, a alerté le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, courant cette semaine depuis New-York.

Selon le dernier bilan, publié par les autorités congolaises le 26 courant, pas moins de 5794 personnes ont été atteintes de la maladie, dont 2786 ont déjà perdu la vie, avec une cadence alarmante de 260 décès par semaine. Jusqu’à présent, 6 provinces situées dans l’est du pays ont été touchées et des mesures renforcées de contrôle ont été prises pour empêcher l’arrivée du virus à Kinshasa, la capitale, lointaine, certes, de près de 1800 km de l’épicentre de l’épidémie, mais qui compte près de 20 millions d’habitants.

L’Ouganda voisin a été également touché par l’épidémie, mais sa riposte rapide et efficace a permis de contenir sa propagation et limité les dégâts à deux décès uniquement parmi 20 cas au total. Dans ce pays l’épidémie, la fin de l’épidémie a été officiellement déclarée le 27 août. D’après l’OMS, aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe jusqu’à présent pour combattre la souche actuelle du virus, dite « Bundibugyo ».

Toutefois, le vaccin Ervebo, utilisé par le passé contre la souche Zaïre est administré par les équipes médicales.Jusqu’au 26 août, au moins 1 293 personnes ont été guéries et 843 autres continuent d’être prises en charge.

Pour stopper la propagation du virus, l’OMS a lancé l’initiative « Fleuve Congo Sans Ebola » qui consiste à contrôler tous les passagers se déplaçant par voie fluviale en provenance des régions affectées. Le fleuve Congo constitue, en effet, la voie principale pour le déplacement des populations, dans la mesure où le transport aérien n’est pas à la portée de tous et les voies routières sont encore plus compliquées, voire impraticables…« Si un seul cas arrivait à Kinshasa, ça serait une catastrophe, les cas vont se multiplier », a déclaré aux médias locaux un médecin en poste sur le terrain, craignant que le virus n’atteigne la mégapole.

Moyens colossaux

Consciente de la gravité de la situation, l’OMS a déployé des moyens colossaux depuis le mois de mai dernier, à savoir 19 laboratoires capables d’analyser jusqu’à 3000 échantillons par jour, 260 experts, 330 tonnes de fournitures médicales, 1300 lits, 5,6 millions de dollars pour financer les opérations d’urgence, etc.

Selon le SG de l’ONU, ces moyens, quoique importants, ne sont pas suffisants. « Nous savons comment contenir Ebola, comment interrompre la transmission et comment sauver des vies », s’est-il félicité, nuançant avec la nécessité de combattre « un autre virus : le virus de l’indifférence ».

Le responsable de l’ONU a fait savoir que le « plan humanitaire de 2,13 milliards de dollars présenté pour répondre à la crise n’est financé qu’à 48 % ».

Les Nations unies avaient mobilisé jusqu’ici plus de 80 millions de dollars, des ressources qui ne permettront, selon Guterres, de tenir que « des semaines, pas des mois », réclamant une somme supplémentaire de 1,1 milliard de dollars. A défaut, « des opérations vitales seront à court d’argent au moment même où elles doivent monter en puissance », a-t-il prévenu.

D’autre part, lOrganisation des Nations unies a annoncé un appui de 2 millions de dollars au gouvernement burundais pour soutenir le Plan national de préparation et de réponse à l’épidémie d’Ebola. Dans un communiqué publié vendredi sur son site web, l’ONU a indiqué que “pour soutenir le Plan national de préparation et de réponse à Ebola du gouvernement burundais, le coordonnateur des secours d’urgence des Nations unies, Tom Fletcher, a débloqué 2 millions de dollars américains provenant du Fonds central d’intervention d’urgence (CERF)”.

L’ONU a précisé que “ce financement s’inscrit dans le cadre d’une réponse financière plus large du CERF, qui a alloué 24 millions de dollars américains à des actions de confinement rapide dans les pays frontaliers à haut risque”.Il est à rappeler que la RDC en est à sa 17è épidémie à virus Ebola. La première fois que le virus a été détecté remonte à l’année 1976 lorsque la RDC (alors appelée Zaïre) avait été affectée simultanément avec le Sud-Soudan faisant respectivement 284 et 151 victimes dans ces deux pays.

L’épidémie la plus meurtrière demeure celle de 2014-2016 qui avait touché plusieurs pays de l’Afrique de l’ouest faisant plus de 11 mille morts sur plus de 28 mille cas.

Ebola est une maladie à fièvre hémorragique, contagieuse et souvent mortelle. Elle est transmise à l’homme par des animaux sauvages et entre humains par les liquides et les sécrétions (sang, sueur, salive, vomissements, urine, etc.)

L’incubation du virus nécessite une incubation de 21 jours avant l’apparition de symptômes comme la fièvre, les maux de tête, grande fatigue, douleurs musculaires, vomissement, diarrhées, hémorragies…

Selon certaines sources, l’actuelle épidémie aura commencé depuis février dernier, mais n’a été déclarée officiellement que le 15 mai. Entretemps, le virus circulait librement, ce qui expliquerait l’ampleur et la rapidité de sa propagation.

Auteur

Lassâad BEN AHMED

Article précédent

You cannot copy content of this page