Société

Chroniques de la Byrsa

  • 30 août 2026
  • 3 min de lecture
Chroniques de la Byrsa

A Mdeina-Althiburos, une rentrée pas comme les autres

Voilà : nous y sommes, à cette « rentrée » qui, à la fin de chaque été remet nos pendules à l’heure de la saison « normale », puisque l’été est, selon la formule consacrée, un simple « invité » (es-sîf dhîf) qui a la politesse de ne pas traîner ses guêtres, surtout lorsqu’il veut nous montrer de quel bois il se chauffe. Une rentrée qui n’est toutefois qu’administrative, à usage des ronds-de-cuir. D’autres la suivront : rentrée scolaire, rentrée universitaire, rentrée médiatique, rentrée culturelle et je crois même avoir entendu parler d’une rentrée…fiscale.

Mais il en est une, de ces rentrées, qui se singularisera sous tous rapports, c’est celle qui, dans une semaine, jour pour jour, se déroulera sur les hauteurs de Sra Ouartane, à l’aplomb de la plaine, à l’ouest de la localité de Dahmani, dans le gouvernorat du Kèf. Là, en effet, pour la septième année consécutive, on célébrera la clôture du Festival des enfants ruraux créatifs initié par l’Association Althiburos Imagination dans le cadre de son programme « Little Beaux-Arts ».

Une composante majeure de la vie culturelle et artistique de ce coin longtemps perdu de la ruralité kéfoise

Ammar Belghith, artiste plasticien, président de l’Association, a choisi d’installer son atelier, sa galerie d’arts plastiques et un espace culturel qu’il a baptisé le Puits de l’Amour, au faîte d’une colline à un jet de pierre du beau site archéologique d’Althiburos, désigné par la population locale par l’appellation de Mdeina (la Petite Cité).

Là, une petite école primaire accueille les enfants de tout le périmètre rural environnant en âge d’être scolarisés. En saison estivale, ce petit monde se retrouve en mode d’isolement synonyme de désœuvrement propice à de possibles écarts. D’où l’idée d’offrir à ces écoliers un espace et des activités susceptibles de les éloigner des mauvaises tentations, « l’opportunité d’exprimer leur fibre artistique » et d’ouvrir leur esprit sur d’autres horizons.

Et c’est ainsi que Ammar a lancé « Little Beaux-Arts ». Chaque été, durant quelques semaines, il offre à ces enfants l’espace, la matière et l’encadrement assuré par des volontaires « beaux-aristes » sous sa supervision. A la fin de la session, une fête est organisée en présence des parents au cours de laquelle les œuvres de ces « créateurs en herbe » sont exposées…et récompensées sous forme d’enveloppes destinées à aider ces parents à faire face aux frais de scolarité de la rentrée imminente.   

Au fil des éditions, le concept « Little Beaux-Arts » s’est affermi, enrichi et institutionnalisé. Il est devenu une composante majeure de la vie culturelle et artistique de ce coin longtemps perdu de la ruralité kéfoise. Et ainsi que, une fois par an, une journée durant, la fête s’installe sur les flancs du Sra Ouartane en guise de clôture d’un festival et de signal de pré-rentrée scolaire.

Nous y serons.

Auteur

Tahar Ayachi

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