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Jeux méditerranéens : Pourquoi pas Sfax en 2034 ?

  • 6 septembre 2026
  • 6 min de lecture
Jeux méditerranéens : Pourquoi pas Sfax en 2034 ?

A l’heure du bilan, pour une fois, les avis s’accordent autour d’un certain nombre de critères qui n’ont pas été pris en compte, pour assurer la bonne marche d’un secteur aussi important que le sport et la jeunesse dans un pays.

On a tendance à oublier que sport et jeunesse sont indissociables. Le socle du sport est cette jeunesse qui détient la vitalité, l’ambition et, surtout, l’ouverture d’esprit qui motive et pousse vers les sacrifices sans lesquels le sport n’est rien.

La Presse — Et l’on constate que, si notre sport repose surtout sur les exploits d’un certain nombre de générations, c’est qu’au niveau de la jeunesse, il y a un manquement aux fondamentaux qui établissent les liens entre ces deux sources vives d’une nation.

L’organisation de notre sport n’a pas beaucoup évolué. Les quelques palliatifs par-ci, les quelques changements de mots et de phrases par-là, n’ont rien à voir avec les programmes qui reposent sur des objectifs. La preuve, nous pratiquons un amateurisme marron, affublé d’une appellation pompeuse qui se veut être un professionnalisme qui n’en est pas un. L’endettement des clubs, le délabrement de l’infrastructure, les incidents au quotidien, les litiges auprès de la Fifa, les démissions intempestives des présidents de comités directeurs, en sont les meilleurs témoignages.

Les organismes sportifs à tous les niveaux traînent une malédiction qui les enfonce dans l’immobilisme et la mainmise pure et dure qui bloquent tous les rouages. Et même si on a fini par comprendre que ce poids ralentit la marche et dilue les pouvoirs, on continue à renvoyer aux calendes grecques, une loi organique censée pouvoir débloquer la situation.

Bien au contraire, tout est actuellement propice pour la bloquer à l’effet de permettre à ceux qui sont là depuis des années, de s’incruster davantage. Au mépris de tout bon sens. En ce 21e siècle, le sport et la gestion des affaires de la jeunesse, ne sont plus des calendriers de compétitions à concevoir et des tables de ping pong à installer.

Nos jeunes, filles et garçons, sont présents partout dans le monde. Ils raflent les prix dans les domaines les plus pointus. Ils s’imposent, malgré toutes les insuffisances sur la scène sportive et sont présents sur les podiums qui consacrent leurs sacrifices et ceux de leurs parents (accessoirement les clubs) qui les portent à bout de bras.

Les fédérations nationales sportives essaient de suivre le rythme, mais traînent le boulet d’une inefficacité prouvée, faute de renouvellement et d’apports d’idées, que seules de nouvelles générations sont capables d’imaginer. Cette léthargie a fini par mettre à l’ordre du jour la tentation de la naturalisation sportive qui prive le sport national d’une élite, que la communauté a patiemment amenée, à grands frais, au niveau des grands compétiteurs internationaux.

Même ceux qui ont les moyens de contribuer à cet effort national de redressement agissent, avec parcimonie et calculs, pour mettre en évidence la faiblesse des autres parties prenantes supposées être responsables de l’encadrement de ce sport et de cette jeunesse.

Pour faire court et mettre à l’aise ceux qui pensent qu’ils sont capables de faire cavalier seul, aucun pays au monde n’a réussi à organiser le sport sans avoir mis de l’ordre au sein de son ministère des sports et de son Comité olympique national.

Ne pas honorer le ministre des sports de son propre pays est inadmissible pour ne pas dire une arrogance coupable. Nous ne sommes pas les seuls à avoir relevé cette entorse aux bonnes manières.

Le sport tunisien s’est fait représenter lors des derniers Jeux Méditerranéens organisés en Italie, par une forte délégation. On ferait mieux, à tous les niveaux, de s’inspirer des méthodes de fonctionnement en usage dans ce pays. Le Coni et le ministère des sports italien ont été les premiers à démontrer que ces deux organismes sont dans l’obligation de servir l’intérêt du sport national, main dans la main. On les a copiés partout. Et ça marche.

Sauf chez nous, où chacun tire la couverture vers soi, en dépit des problèmes monstres que vit notre sport, faute de moyens, de volonté d’innover pour avancer, de suivi et de rigueur.

Le sport tunisien, après ces JM de Tarente, a besoin d’un objectif pour programmer un futur qui pourrait relancer sa machine grippée et mal en point. En attendant bien sûr la mise en place de sa loi organique actuellement embourbée dans d’interminables propositions et contre-propositions. Et les années qui passent…

Les prochains Jeux Méditerranéens auront lieu en 2030 à Pristina, capitale du Kosovo. Le lieu des Jeux Méditerranéens de 2034 n’a pas encore été déterminé.  

Le Comité international des jeux méditerranéens (Cijm) a officiellement ouvert la phase de dépôt des candidatures pour cette 22e édition en décembre 2025. Bien que certaines villes comme Sfax en Tunisie aient manifesté leur intérêt pour accueillir l’événement, l’attribution officielle de la ville hôte par le comité exécutif aura lieu ultérieurement

Effectivement, la ville de Sfax avait déposé sa candidature. Qui s’en souvient encore ?

D’ici à 2034, la Cité sportive de Sfax (projet finalement assimilé à un serpent de mer) pourrait être mise en place.  C’est une promesse qui attend confirmation pour sa mise en réalisation.

Une rapide observation nous confirme, que les jeunes de moins de 17 – 18 ans ont de la qualité à revendre. Nos actuels ténors seront en plein rendement.  Cela pourrait donner une représentation plus qu’honorable.

Le sport national a besoin d’un objectif qui tienne la route pour se réconcilier avec ses convictions et son éthique.

Remettre sérieusement à l’ordre du jour, dépoussiérer et activer le dossier de la Cité sportive de Sfax, sera un moyen de relancer le sport dans tout le pays, mais surtout dans le sud.

La capitale du sud, mérite cet égard et il n’y a pas mieux que les JM pour provoquer ce choc psychologique salvateur pour le sport national et pour la jeunesse.

A bon entendeur salut !

Auteur

Kamel GHATTAS

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