Société

Chroniques de la Byrsa

  • 6 septembre 2026
  • 3 min de lecture
Chroniques de la Byrsa

Un festival, pour l’exemple

Avec la « rentrée », voici tournée la page des festivals d’été. On remballe tout : accessoires, idées, projets, etc., on les dépose à la remise et… à l’an prochain ! Les plus « professionnels », généralement les plus nantis, remettront ce « tout » sur le tapis quelques semaines, voire deux ou trois mois avant la prochaine échéance pour esquisser un nouveau programme — disons plutôt un programme actualisé — et entreprendre les premières démarches sur la voie de l’exécution effective. Les autres, à court de moyens et d’idées, attendront les dernières minutes pour mettre au point quelque événement à livrer en pâture à un public assoiffé de loisirs, à défaut de culture.

Il nous est arrivé plus d’une fois d’évoquer la problématique posée par la pratique festivalière dans notre pays. La dernière fois, c’était il y a une saison en arrière, nous avons défendu l’idée que, loin d’être une fatalité, les déficits enregistrés par tous les festivals chez nous étaient en fait dus à une conception viciée de cette activité et à une mauvaise organisation à tous les niveaux. Un festival peut et doit être lucratif pour assurer sa pérennité et pour offrir au public les meilleurs produits culturels et ludiques.

L’exemple édifiant de la ville de Kairouan avec le Festival du Mouled

Ici, il serait peut-être bon de s’arrêter sur la définition du mot « festival » pour savoir si l’idée qu’on s’en fait est fondée ou non. Dans une formulation quelque peu lapidaire, la désormais incontournable IA nous apprend qu’un festival est « une manifestation culturelle ou artistique récurrente qui rassemble un public autour d’un thème précis (musique, cinéma, théâtre, danse, etc.) pendant une durée déterminée ». Une telle définition occulte la portée de ce genre d’événements sur le double plan social et économique (essentiellement commercial). Et pas besoin d’aller bien loin pour vérifier la véracité d’une telle assertion.

Chez nous, la ville de Kairouan vient de nous en offrir un exemple édifiant à l’occasion du Festival du Mouled (oui, bien « festival ») qui a vu, du 15 au 25 août dernier, une affluence sans précédent vers la ville en provenance de plusieurs régions de Tunisie et même du voisinage maghrébin. Aux manifestations purement religieuses sont venus s’ajouter des animations artistiques, des spectacles visuels et une foire nationale d’artisanat.

Certes, sur un plan purement budgétaire, il y a de fortes chances que cette deuxième édition du Festival du Mouled soit, elle aussi, déficitaire. Mais ses retombées en matière d’emplois d’appoint, de nuitées dans les unités d’hébergement, de dépenses dans l’acquisition de biens de consommation doit indubitablement être conséquent et bienfaisant pour l’économie locale.

Un festival ne doit pas être considéré dans les limites de sa vocation primitive. Il doit être entendu dans sa version extensive, c’est-à-dire à travers son impact sur son environnement humain tant au plan culturel qu’économique.

Auteur

Tahar Ayachi

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