Editorial

Sous la pluie, nos failles habituelles et l’inconscience de trop

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  • 19 septembre 2026
  • 3 min de lecture
Sous la pluie, nos failles habituelles et l’inconscience de trop

La scène relève désormais de la lapalissade. Il suffit d’une seule averse automnale pour que le décor s’effondre et mette à nu les failles de nos infrastructures. Quand les réseaux d’assainissement débordent en quelques minutes et que les axes routiers majeurs se retrouvent engloutis, toute circulation devient tout bonnement impossible. Ces derniers jours, nous voilà une fois de plus plongés dans nos vieux travers sous un ciel déchaîné.

Pourtant, le tableau météorologique actuel ne relève d’aucune surprise. Placés en vigilance orange par l’Institut national de la météorologie, le Grand Tunis, le Cap Bon et le Sahel font face à des précipitations torrentielles allant jusqu’à dépasser les 50 mm par endroits. Du nord-ouest au littoral oriental, la masse d’air froid promet une instabilité durable.

Face à cette menace prévisible, les institutions ont pris leurs responsabilités. Le gouverneur de Tunis a ordonné la suspension des cours dans tous les établissements scolaires et universitaires le 17 septembre, tandis que la Protection civile et le ministère de l’Intérieur ont multiplié les bulletins d’alerte. Mises en garde contre la traversée des oueds, consignes de sécurité électrique, numéros d’urgence (198, 197, 193) rappelés en boucle.

L’État d’urgence préventif est sur la table, mais c’est comme prêcher dans le desert. Car s’il est facile de pointer du doigt le béton qui cède, une autre faille s’avère bien plus troublante. Il s’agit de notre fâcheuse habitude à faire la sourde oreille. Année après année, le même constat persiste, celui d’un manque criant de culture du risque chez bon nombre d’entre nous.

En dépit de la déferlante d’avertissements officiels, une partie de la population continue d’agir avec une désinvolture déconcertante, comme totalement coupée de la réalité du danger. Sur les réseaux sociaux, les images parlent d’elles-mêmes. On y voit des usagers braver des axes totalement submergés et, pire encore, des chauffeurs de taxi aventurer sciemment leurs véhicules au milieu des flots. En jouant ainsi aux héros d’un jour pour gagner quelques minutes ou quelques dinars, ces conducteurs téméraires ne mettent pas seulement leur propre existence en jeu. Ils emportent avec eux la vie de leurs passagers et épuisent des équipes de secours déjà sollicitées sur tous les fronts.

La fatalité n’a rien à voir dans ces drames du quotidien. L’irresponsabilité, en revanche, y est pour beaucoup. Certes, nos infrastructures mettent des années à se moderniser, mais adopter un comportement citoyen et prévoyant ne prend que quelques secondes. Face aux colères de la nature, le courage ne consiste pas à braver un torrent d’eau de pluie, mais à savoir appliquer scrupuleusement les consignes de sécurité pour éviter le pire.

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Auteur

Samir DRIDI

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