La Tunisie renforce sa stratégie d’élimination des gaz à effet de serre émis par le secteur du refroidissement, prévoyant l’interdiction d’importer ou de fabriquer plusieurs types d’équipements fonctionnant aux hydrofluorocarboures (HFC) à compter du 1er janvier 2027. Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de la célébration des dix ans de l’Amendement de Kigali au Protocole de Montréal lors de la Journée mondiale de l’ozone 2026.
Un projet de décret élaboré par les autorités tunisiennes prévoit d’interdire, dès le début de l’année 2027, la fabrication locale et l’importation de climatiseurs splits résidentiels au réfrigérant R-410A, ainsi que de distributeurs d’eau froide, congélateurs domestiques et réfrigérateurs à base de HFC, selon un document publié à l’occasion de la journée mondiale de l’ozone 2026.
En conséquence, la production nationale de climatiseurs splits résidentiels reposera exclusivement sur le fluide R-32 à partir de 2027.
Efficace et écolo, le R32 est un fluide frigorigène largement utilisé dans les climatiseurs et les pompes à chaleur pour transporter la chaleur et assurer le refroidissement.
Composé de deux atomes d’hydrogène et de deux atomes de fluor, il se distingue par ses bonnes performances énergétiques. Il n’abîme pas la couche d’ozone et il est facile à recycler, pour cela, il est bon pour la planète, selon les écolos.
Cette étape fait suite au gel de la consommation nationale de HFC effectif depuis le 1er janvier 2024, conformément au calendrier de l’Amendement de Kigali. Sur le plan industriel, la conversion d’une ligne de production de fontaines fraîches vers le réfrigérant naturel R-600a, s’est achevée en août 2026, permettant d’éviter au moins 5 720 tonnes équivalent CO2 d’émissions annuelles.
Parallèlement, la Tunisie a enregistré à la fin de l’année 2025 une réduction de 70 % de sa consommation d’hydrochlorofluorocarboures (HCFC, principalement le R-22) par rapport à son niveau de référence, évite ainsi l’émission de 917 670 TCO2éq. Le pays ambitionne d’atteindre une élimination totale des HCFC d’ici le 1er janvier 2030.
Pour financer cette ultime étape, la Phase III du Plan de gestion de l’élimination des HCFC (PGEH 2026-2030) a été approuvée en juin 2026 par le Comité exécutif du Fonds multilatéral pour un montant de 1,33 million de dollars US, complété par une contribution italienne de 350 000 dollars.
Le programme comporte également un volet important de renforcement des compétences : 52 formateurs ont été formés en 2026 à la manipulation sécurisée des fluides frigorigènes naturels et inflammables, tandis que des formations ciblées ont été dispensées à 60 agents des douanes et 200 techniciens, dont la moitié sont des femmes.
Adopté en 2016 et ratifié par 174 pays à la fin août 2026, l’Amendement de Kigali vise une réduction de 80 à 85 % de la consommation mondiale de HFC d’ici 2047. Sa pleine mise en œuvre, associée à des gains d’efficacité énergétique des appareils, pourrait éviter jusqu’à 1 °C de réchauffement mondial d’ici la fin du siècle.



