Sport

Football – Erosion des talents : Un système de formation à réinventer

  • 30 septembre 2026
  • 3 min de lecture
Football – Erosion des talents : Un système de formation à réinventer

La Presse — La nouvelle saison, même si elle est encore à ses débuts, a confirmé la situation complexe du football tunisien. Notre sport phare, en difficultés depuis quelques années déjà, est désormais à l’agonie. Et c’est surtout cette pénurie de talents qui inquiète le plus alors qu’elle faisait, autrefois, notre force. Cette situation était plutôt prévisible étant l’autosuffisance sportive qui marque la gestion de notre football. Une caractéristique qui justifie, d’ailleurs, l’absence de planification réfléchie. Le football tunisien s’est distingué, également, par l’érosion assez rythmée de ses principales valeurs. Et c’est, notamment, cette transition d’une culture de formation de talents à une gestion de crise à court terme qui a largement  pénalisé le football tunisien. Justement, sous la pression, la majorité de nos clubs ont fini par adopter la politique du résultat immédiat. Aujourd’hui, les  centres de formation au niveau des clubs sont de plus en plus marginalisés, les investissements dans l’infrastructure sportive sont inexistants alors que les projections sont quasiment absentes.  Or, ces facteurs, comme le démontrent toutes les expériences aussi bien régionales qu’internationales, sont indispensables pour prétendre à un football de qualité et compétitif.

Football de portefeuille

On reconnaît également que l’essor massif des académies privées de football a beaucoup lésé nos politiques de formation et accéléré les failles au niveau de notre football.

On s’est retrouvé, en effet, face un football de portefeuille qui repose beaucoup plus sur les moyens financiers que sur le vrai talent naturel. D’ailleurs, certains analystes affirment que les académies privées sont devenues, en quelque sorte « des garderies sportives de luxe », ce qui justifie la souplesse des entraînements, comme le veulent les parents et l’absence de toute culture de la gagne.

Des attitudes qui sont, généralement, pénalisantes surtout lorsqu’il est question de haut niveau.

Des réformes ? Il s’agit d’abord de la réforme de la gestion au niveau des clubs, la révision de leur statut juridique qui continue de freiner leur processus de modernisation, et la transition vers de nouveaux modèles de gouvernance capables de garantir une bonne capitalisation du potentiel disponible.

Il s’agit, ensuite, de la professionnalisation de l’encadrement technique, à travers l’instauration d’une véritable culture d’éducation sportive, le respect des  normes internationales en matière de formation, l’aménagement d’une infrastructure sportive bien adaptée aux standards aussi bien européens qu’internationaux.

Auteur

Anis SOUADI

You cannot copy content of this page