Lancement de l’Octobre rose 2026 : Prévention et dépistage précoce : deux atouts majeurs
«Plus le dépistage est précoce, plus la guérison sera facile» : tel est le slogan de la présente campagne de sensibilisation et de dépistage précoce du premier cancer féminin qu’est le cancer du sein. L’Office national de la famille et de la population (Onfp) a organisé, hier à l’Avenue Bourguiba à Tunis, une manifestation de sensibilisation et d’information sur la maladie, mais aussi des consultations gratuites en guise de dépistage précoce du cancer aussi bien du sein que du col de l’utérus.
La Presse — Des tentes, converties en des cabinets de consultation médicales, ont été implantées pour accueillir une population-cible essentiellement féminine. Des files d’attente ont été formées de la manière la plus spontanée, traduisant le degré de conscience des femmes tunisiennes.
Pour ces dernières, le cancer du sein n’est plus un sujet tabou. C’est que le dépistage précoce dépasse sa seule finalité préventive et curative pour s’avérer une chance à saisir pour la gent féminine, pour sa famille et pour la société tunisienne. «L’Onfp s’active continuellement dans la lutte contre le cancer du sein en misant sur deux principaux axes, à savoir la prévention via la sensibilisation, d’une part, et l’orientation et la prise en charge, d’autre part.
Aussi avons-nous implanté des box pour informer le public sur l’importance du dépistage précoce, sa périodicité, en passant de l’examen par autopalpation aux examens cliniques, comme la mammographie et l’échographie», a indiqué Mme Olfa Challouf, chargée de la direction générale de l’Onfp à La Presse.
Des examens cliniques gratuits
En effet, les manches ont été retroussées pour apporter aux femmes désireuses de se faire diagnostiquer, l’information et les prestations sanitaires appropriées. Trois box ont été installés. Le premier a été consacré à l’historique de l’Onfp, le deuxième à la sensibilisation et à l’information sur le dépistage précoce.
Quant au troisième box, il a été consacré à l’examen clinique. Des médecins se sont chargés d’effectuer des interrogatoires ciblés et d’orienter les éventuels cas suspects vers l’examen clinique via la mammographie et l’échographie mammaire. «Il convient de rappeler que l’Onfp garantit ces examens à titre gratis et ce, tout au long de l’année via, évidemment, ses actions menées au niveau des délégations régionales ainsi qu’à travers les caravanes de santé.
Ce qui est rassurant, poursuit la responsable, c’est que les femmes y affluent massivement pour se faire ausculter, non seulement du cancer du sein, mais aussi celui du col utérin. Elles savent parfaitement qu’elles bénéficieront d’une prise en charge globale et d’une orientation infaillible».
Quatre mille nouveaux cas par an !
Il faut dire que la mise à la disposition du public d’un examen clinique gratuit et mobile grâce à la clinique mobile «Mammolife» figure parmi les actions phares en matière de lutte contre le cancer du sein. Cette maladie gagne du terrain. Elle menace la santé féminine et ébranle la cohésion sociale.
«Nous enregistrons chaque année quelque 4.000 nouveaux cas, ce qui est alarmant ! Le cancer du sein touche une femme sur huit. Par ailleurs, les chances de guérison sont de taille dans le cas d’un dépistage précoce et d’une prévention des facteurs de risques», indique Mme Sameh Ghozzi, coordinatrice de la clinique mobile «Mammolife». La responsable a noté que le principal facteur à risque demeure héréditaire. D’autres sont tout aussi influents comme le tabagisme, l’obésité, la sédentarité, le stress, le non-allaitement maternel, la puberté et la ménopause précoces.
Une hygiène de vie anti-cancer
Par ailleurs, la nutrition joue un rôle considérable dans la prévention contre les maladies cancéreuses, en général, dont le cancer du sein. Mme Kaouther Blaïech, nutritionniste relevant de la délégation régionale de l’Onfp section de Tunis, a sensibilisé le public sur l’importance d’une alimentation saine, pauvre en sel, en sucre, en mauvaises graisses et en aliments transformés.
«Certes, le facteur héréditaire ne peut être évité. Cependant, il est toujours possible de modifier son alimentation et son hygiène de vie pour le mieux. Une consommation de produits sains, riches en fibres, en oméga 3 et en antioxydants comme l’ail, l’oignon ainsi que les herbes aromatiques réduirait sensiblement le risque d’avoir des maladies cancéreuses. Il est également recommandé de bien s’hydrater en buvant suffisamment d’eau et de s’adonner à une activité physique régulière, à adaptée à son rythme de vie et à son âge », a-t-elle souligné.
Parmi les femmes qui se tiennent en file indienne devant le box de l’examen par palpation figure Hamida Faydi, une maman de deux enfants, âgée de 43 ans. Contrairement à celles qui ont été surprises par la manifestation, cette femme en a été informée au préalable.
«C’est ma mère qui m’en a parlé et qui m’a incitée à venir dépister. Ma mère a été atteinte par la maladie et vu que le facteur héréditaire est à prendre en considération, mieux vaut dépister précocement pour augmenter la chance de guérison dans le cas d’une éventuelle tumeur», a-t-elle confié. Et d’ajouter que le fait de miser sur la proximité et la gratuité des prestations sanitaires au profit du public devrait être une tradition pour mieux lutter contre cette maladie ainsi que d’autres maladies menaçant la santé publique.



