Culture

Théâtre – « Mazelt Ndoq » : Une satire sur le monde du travail

  • 6 octobre 2026
  • 4 min de lecture
Théâtre – « Mazelt Ndoq » : Une satire sur le monde du travail

Portée par une troupe talentueuse, cette œuvre engagée dénonce avec humour la dureté du patron et les dérives managériales à travers le prisme de la résistance collective.

La Presse —La pièce «Mazelt Ndoq» (Je frappe encore) est une comédie satirique et grinçante qui met en scène la lutte d’ouvriers d’usine face aux abus de leur employeur. Portée par une troupe talentueuse, cette œuvre engagée dénonce avec humour la dureté du patron et les dérives managériales à travers le prisme de la résistance collective. Le spectacle explore ainsi les revendications et le combat des salariés pour préserver leur dignité et leurs emplois. Malgré de légers défauts au niveau du jeu de certains comédiens dont la diction n’est pas claire, la mise en scène signée Mohamed Amine Ftouh insuffle une énergie vibrante qui rend cette aventure humaine particulièrement percutante.

Les auteurs du texte Hassin Berahal et Youssef Frikha  ainsi que le metteur en scène proposent un récit féroce et cruel sur le monde du travail dans une usine où les ouvriers s’insurgent contre leur employeur. L’avant-première de cette pièce a été présentée récemment à El Teatro devant une salle pleine.

La pièce explore donc les conflits sociaux et les revendications d’ouvriers d’une usine qui mènent un combat contre la désindustrialisation broyeuse de vies scrutant avec un humour à la fois cruel et jubilatoire le monde du travail et les arcanes du pouvoir.

La scénographie privilégie la sobriété en s’appuyant sur un seul décor: l’image d’une ville de nuit recouvrant le fond de la scène. «Mazelt Ndoq» se veut donc une comédie populaire survoltée qui fait place à la drôlerie sans toutefois tomber dans la niaiserie. Portée par des comédiens inspirés : Salma Masmoudi, Haifa Ajengui, Ahmed Dhahri, Youssef Frikha et Hassin Berahal, la pièce garde un ton enfiévré de bout en bout du spectacle.

Située au cœur d’une usine, l’intrigue met en lumière une insurrection ouvrière fondée sur le courage et la résistance collective. Les salariés se mobilisent face leur patron pour imposer de vraies négociations afin d’améliorer leurs salaires et leurs conditions de travail.

Mettant en lumière le courage et les rouages de la résistance collective, ce genre de théâtre documentaire et d’utilité publique parvient à rendre palpitante l’aventure syndicale et non moins humaine de ces salariés en quête d’une situation meilleure sans tomber dans le misérabilisme. La pièce s’attaque de front aux dérives managériales et au capitalisme féroce.

Ancrée au cœur de la lutte syndicale, «Mazelt Ndoq» tente de décrypter la langue froide du néolibéralisme qui broie les salariés. Face à leur patron, les ouvriers essaient d’obtenir de vraies négociations pour améliorer leur salaire mais aussi leurs conditions de travail.

Tout le monde en prend pour son grade, les auteurs n’épargnent personne sans jamais tomber dans la mièvrerie. A l’intersection de plusieurs influences, la pièce confronte directement les mécanismes du monde ouvrier face à la logique implacable du capitalisme.

Conçue comme une œuvre chorale sur la colère sociale et le sentiment d’aliénation, «Mazelt Ndoq» met en scène des personnages d’antihéros par excellence se battant pour sauver leur emploi. Ils sont guidés par leur volonté, le désir de dignité au travail et l’espoir d’un monde meilleur. La mise en scène orchestre le jeu des acteurs sous la forme d’un véritable ballet des voix et des corps.

Auteur

Neila GHARBI

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