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Golfe : le détroit d’Ormuz fermé, les pays producteurs de pétrole paient le prix fort

  • 6 octobre 2026
  • 2 min de lecture
Golfe : le détroit d’Ormuz fermé, les pays producteurs de pétrole paient le prix fort

Pour une fois, le pétrole cher n’enrichit pas ceux qui l’exportent. Dans son bulletin « Combler les fossés, saisir les opportunités : l’intelligence artificielle, les emplois et la croissance », la Banque mondiale observe que le conflit du Golfe Persique fait des exportateurs d’hydrocarbures les grands perdants, le Qatar signant sa pire performance en plus de cinquante ans.

Le PIB des économies du Conseil de coopération du Golfe devrait reculer de 4,3 % en 2026, une chute comparable à celle de la pandémie de COVID-19. Le Qatar devrait se contracter de 20,9 %, sa pire performance en plus de cinquante ans. L’Iraq et la République islamique d’Iran devraient reculer respectivement de 12,4 % et de 7,7 %.

En cause, la fermeture effective du détroit d’Ormuz, par où transite environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié échangés dans le monde. La production pétrolière du Golfe est tombée d’environ 26 millions de barils par jour avant le conflit à quelque 16 millions en mars, selon la Banque mondiale.

Le contraste avec 2022 est net. Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la hausse des prix avait dopé les revenus des hydrocarbures dans le Golfe. Cette fois, la hausse des prix ne profite pas aux pays producteurs, car c’est le volume qui est déterminant. Les pertes de production sont étroitement liées à la dépendance de chaque pays au détroit comme seul couloir d’exportation. Bahreïn, l’Iraq, le Koweït et le Qatar, qui disposent de peu d’alternatives à court terme, enregistrent les plus fortes contractions. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Oman sont partiellement épargnés grâce à d’autres routes.

Les économies importatrices de pétrole de la région restent relativement résilientes, avec une croissance projetée à 4,3 % en 2026, contre 3,9 % en 2025. La production régionale devrait néanmoins décliner de 2,1 % en 2026, après une expansion de 3,3 % en 2025. À l’échelle mondiale, l’impact reste contenu : la projection de croissance du Groupe de la Banque mondiale n’a été révisée que de 2,6 % en janvier à 2,5 % en juin.

Si le conflit s’atténue d’ici la fin 2026, les modèles de l’institution projettent un rebond de la croissance régionale, hors Iran, à 7,8 % en 2027. Il résulterait toutefois davantage de la restauration de la production perdue que d’un renforcement de la productivité ou de meilleures perspectives de croissance à long terme.

Auteur

S. M.

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