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Transport : Le rail tunisien pris en otage par l’incivisme

  • 6 octobre 2026
  • 5 min de lecture
Transport : Le rail tunisien pris en otage par l’incivisme

Notre réseau ferroviaire, sous quelque forme qu’il se présente, subit toutes sortes d’agressions. Non seulement au niveau du matériel roulant mais aussi des personnels et des sites propres. Il ne se passe pas un jour sans que l’on signale le caillassage d’un train ou d’un métro.

Mais cela ne s’arrête pas à ce niveau uniquement. Les auteurs de ces actes ne sont pas que des délinquants en herbe. Il paraît que tout le monde est concerné. Face à ces abus, la riposte (la vraie) tarde à venir. Pourquoi ? That is the question.

La Presse — Tout être sain d’esprit ne peut pas comprendre ce qui se passe dans la tête de ces gens qui se livrent à de tels agissements condamnables. Il ne s’explique pas ces comportements indignes de tout citoyen. La sidération est totale devant des spectacles tout aussi désolants les uns que les autres.

Jets d’ordures

Tout le long des parcours des différentes lignes ferroviaires (métros, trains de la banlieue sud de Tunis, trains des grandes lignes, ligne TGM.) des individus non identifiés jettent leurs déchets. Inconsciemment ou délibérément, ils le font quotidiennement sans craindre des sanctions ou des poursuites.

À cet effet, la Transtu a procédé, début du mois d’août, à des campagnes de nettoyage de l’emprise du TGM. Les municipalités des zones concernées (station Carthage-Salammbô, le Kram entre autres) ont été aidées en cela par des acteurs de la société civile. Cette campagne a été suivie d’une action de sensibilisation à l’adresse des riverains. C’est, justement, ces derniers qui sont directement impliqués dans ces faits. On dénombre parmi eux, les habitants limitrophes, les cafés, les restaurants et autres gargotes situés à proximité, etc.

Bref, toutes ces ordures jetées tout au long des voies portent l’adresse de leurs auteurs. Le marc de café, les mégots de cigarette, les restes de produits alimentaires, des fruits avariés ainsi que différents autres détritus jalonnent le parcours des réseaux ferroviaires. Les habitants, eux-mêmes, contribuent à la détérioration de la situation en jetant des matelas, des carcasses d’appareils électroménagers, etc. juste à côté de l’entrée des stations ou près des barrières de sécurité.

De tels spectacles sont devenus quotidiens et ne sont pas loin d’être banalisés si une action vigoureuse et déterminée n’est pas engagée contre ces comportements indignes.

Vols d’équipements

À côté de ces phénomènes inqualifiables, les opérateurs de transport concernés (Sncft et Transtu) ont, certainement, remarqué les dégradations indescriptibles du mobilier et du vol d’équipements. La Sncft a, justement, mis en garde les automobilistes et les passants au moment d’emprunter certains passages à niveau. Ces derniers tombent souvent en panne à cause des vols répétés de leurs équipements. Trois de ces passages à niveau ont été, justement, visés ces derniers temps dans le gouvernorat de Ben Arous (croisement Mosquée Echifa, croisement de l’Office des céréales et croisement du marché de gros à Bir El Kassâa).

Ce qui ne veut pas dire que les autres sites sont épargnés. Loin de là. Les actes d’incivismes se multiplient et touchent tous les sites.

L’état dans lequel se trouve la gare du Bac sur la ligne du TGM est l’exemple type de cet incivisme. Les saccages ont atteint l’éclairage, la boiserie, le marbre des blancs. En un mot: l’œuvre de vrais criminels et de saboteurs qui ne méritent pas d’appartenir à ce pays.

Des dizaines de zones qui sont autant de points noirs sont à signaler. Tout le réseau ferroviaire de nos transporteurs nationaux est affecté par des agissements condamnables.

Et, ce qui est déplorable c’est, malheureusement, l’absence de réaction de la part de qui de droit. Les municipalités (dont c’est le devoir) effectuent le ramassage des ordures jetées à quelques centimètres des rails du métro ou des trains.

Le spectacle du terminus de la ligne 3 du métro est tout simplement ubuesque. Comment le commerce anarchique et l’installation d’étals à même l’enceinte du métro peuvent-ils être tolérés ?

Le ras-le-bol

Jusqu’à quand faudra-t-il laisser de tels comportements proliférer sans reddition des comptes ? Pourquoi toute cette impunité ?

La mollesse de l’attitude des responsables encourage ces fauteurs à persévérer dans leurs méfaits.

Or, il nous semble que des solutions pratiques existent. Un tas d’ordures posé à proximité des rails doit interpeller n’importe quelle autorité.

Rien que par la nature des restes jetés à même le sol, on peut identifier l’auteur du méfait.

Un constat notarié peut être dressé et des poursuites judiciaires peuvent être envisagées. Ceci dans le cas où on voudrait faire un travail sérieux et crédible. Une procédure doit être suivie devant aboutir à un résultat et à des sanctions exemplaires et coercitives.

Le rôle des municipalités, ou ce qu’il en reste, ne devrait pas se limiter au ramassage systématique de ce genre d’ordures. Il est préférable de mettre en garde ces pollueurs contre de tels agissements et les appeler à se doter de leurs propres poubelles ou conteneurs.

Autrement, il y a lieu de sévir. Car il n’est plus question de se contenter de constater les dégâts. L’heure est venue de réagir contre ce phénomène inédit en faisant payer cher les pollueurs et les casseurs.

Auteur

Amor CHRAIET

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