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« Back to my roots » de Molka Aouij aux JMC : Tout simplement hypnotique

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  • 12 octobre 2026
  • 6 min de lecture
« Back to my roots » de Molka Aouij aux JMC : Tout simplement hypnotique

Molka Aouij a donné un concert impressionnant le 9 octobre au Théâtre des régions de Tunis. Devant une salle comble, elle a déployé dans ce show ses talents de chanteuse, de danseuse, de chorégraphe, bref d’une artiste aux talents multiples qui refuse les étiquettes.

La Presse — Avant de découvrir pleinement son potentiel au chant, le public connaissait déjà Molka Aouij à travers deux casquettes. Elle est d’abord  la star de la série el Matbaa, de Mehdi Hmili. Molka était incontestablement la révélation de Ramadan dernier grâce à son rôle de Khawla. La série a décroché un nombre considérable de prix et la prestation de Molka Aouij a été particulièrement applaudie par le public et les critiques. Elle a également interprété le titre du générique « Ye nass », ce qui a donné un aperçu de son talent au chant. De plus, elle est la fille de la diva Amina Fakhet. Elle a même collaboré en tant que chorégraphe à son concert au Festival international de Carthage l’été dernier. On se demandait alors si elle emprunterait la même voie que sa mère, si elle s’inspirerait de son héritage pour son tout premier concert en Tunisie, et surtout si elle était capable d’impressionner l’audience, car tout au long des JMC, des artistes et des groupes ont déjà mis la barre très haut.

Une brève présentation de la journaliste et actrice Sabra Ouni nous a donné quelques indices. Le spectacle porte un rêve d’enfant et cinq ans de travail de recherche et de préparations. Il marque le retour de Molka Aouij à ses origines, soit aux scènes tunisiennes, elle qui vit, a étudié et se produit en professionnelle en France.

La star a fait son entrée sous un torrent d’applaudissements et d’acclamations. Son look annonçait les couleurs de la première partie du concert : un style gothique rock théâtral avec un corset noir à lacets qui rappelle l’époque victorienne et une jupe à volants déstructurés noire et rouge. Des collants déchirés y ont apporté une touche rebelle. Les manches en tissu flottant ont donné plus de fluidité et de légèreté aux chorégraphies qui ont suivi. Un texte sur le grand écran nous a rappelé que Molka Aouij refuse de se mettre dans une case. D’ailleurs, c’est ce qu’elle nous a expliqué dans une interview accordée il y a quelques mois à La Presse Magazine, et qui avait notamment pour titre «Je n’aime pas me mettre dans une case ». L’écran a affiché par la suite le début de l’acte 1 intitulé « Ainaik ». Le concert était en effet structuré en actes, avec un changement de style musical et même vestimentaire, une chorégraphie soigneusement élaborée pour chaque chanson (ou acte) et une nouvelle facette de l’univers de Molka Aouij.  Parmi les morceaux interprétés, il y avait  « Raquissa » à l’acte 2, « Araak », « Revenge » et « Life  giver ». Sa voix était puissante à nous déconcerter, rauque par moments et portant une énergie qui gagnait toute la salle. Les textes étaient en arabe littéraire et en anglais. Ils étaient authentiques, portaient des messages de résilience ainsi que le portrait et les émotions de l’interprète. La musique est essentiellement du pop rock féminin affirmé. Il y avait seulement quatre musiciens sur scène : un clavier, une basse, une guitare et une batterie.

Une chose est sûre, Molka Aouij ne copie personne, c’était bien elle, sa personnalité que nous avons découverte au fil des interviews et son identité artistique propre. On pourrait quand même déceler comme inspirations Amy Lee du groupe Evanescence, Avril Lavigne, Shirley Manson et Christina Aguilera à une période particulière de sa carrière, comme dans le tube « Fighter ». L’un des morceaux a inclus un court extrait de « Oops !… I dit it again » de Britney Spears, car les paroles décrivaient une chanson qui ne sortait pas de sa tête. Les chorégraphies particulièrement élaborées n’étaient pas simplement esthétiques. Elles accentuaient les émotions portées par les textes. Molka Aouij qui a signé la conception des chorégraphies et y a participé avec un talent qui n’a rien à envier aux danseurs professionnels. Elle chantait en même temps qu’elle exécutait des gestes et des pas, avec une aisance impressionnante. Au fil des tableaux, les jeunes danseurs qui l’ont accompagnée ont séduit les spectateurs par leur souplesse et leur enthousiasme.

La jeune star a exprimé à plusieurs reprises son bonheur de jouer pour la première fois devant un public tunisien, sa fierté d’appartenir à cette terre et tout le potentiel artistique qu’ont les jeunes.

Quand l’écran a affiché le titre de l’acte « Wala marra », on s’attendait à une reprise de l’un des tubes  qui ont fait la célébrité de Amina Fakhet. Or, c’était un clin d’œil à sa maman présente dans la salle et qui apporte un soutien continu. Pour ce morceau, le public a applaudi l’invité surprise Selim Arjoun. Un grand piano en bois a occupé le milieu de la scène. La chanson a commencé en douceur, avec la voix mélodique de Molka Aouij, avant que le rythme ne monte. Selim Arjoun était en communion avec son instrument. Il jouait même debout et sa virtuosité a apporté un élan d’exception à la chanson. La chorégraphie était minimaliste, et l’attitude de Molka était presque théâtrale, avec une sensualité envoûtante.

Le concert a été clôturé par « Ye nass », générique de la série « El matbaa », composé par Selim Arjoun. Une majorité des spectateurs connaît bien les paroles et a accompagné Molka Aouij au chant. D’ailleurs, le réalisateur de la série Mehdi Hmili et l’acteur qui y a tenu le rôle principal Younes Ferhi étaient parmi l’audience.

Tout au long du spectacle d’une heure environ, Molka Aouij a marqué un retour à ses origines en chantant dans sa langue et, pour la première fois, dans une manifestation musicale de son pays. Elle a fait preuve de plusieurs talents : le chant, la danse, elle a même joué au piano en promettant d’améliorer ses compétences de pianiste et de compositrice… C’était un spectacle complet, rattaché à la Tunisie, mais ouvert sur d’autres influences culturelles et d’autres horizons. Son interaction avec le public était spontanée et chaleureuse. Et c’est en larmes qu’elle s’est exprimée à la fin. Le public a quitté la salle ému, tant par la qualité du spectacle que par cet élan créatif de la jeunesse qui fait de son mieux pour renouveler le paysage musical et y apporter une touche personnalisée.

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Auteur

Amal BOU OUNI

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