L’Italie prévoit d’autoriser l’entrée de 497 550 travailleurs étrangers non ressortissants de l’Union européenne sur la période 2026-2028, dans le cadre du dispositif gouvernemental “Decreto Flussi”. Les ressortissants tunisiens figurent parmi les nationalités concernées par certains quotas, sous réserve de remplir les conditions requises et de disposer d’une offre d’emploi admissible. Pour l’année 2027, la phase de préremplissage des demandes doit débuter le 23 octobre 2026, avant plusieurs échéances de dépôt fixées en janvier et février 2027.
Ce dispositif vise à répondre aux besoins de main-d’œuvre de l’économie italienne tout en encadrant les entrées de travailleurs étrangers. Les quotas prévus s’élèvent à 164 850 pour 2026, 165 850 pour 2027 et 166 850 pour 2028. Ils couvrent le travail salarié saisonnier, le travail salarié non saisonnier et, dans une proportion plus limitée, le travail indépendant.
165 850 entrées prévues en 2027
Pour 2027, le gouvernement italien a réparti les places entre trois grandes catégories : 76 200 entrées pour le travail salarié non saisonnier, dont 14 000 réservées à l’aide familiale, 89 000 pour le travail saisonnier dans l’agriculture et le tourisme, et 650 pour le travail indépendant.
Ces quotas ouvrent des possibilités dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, les activités touristiques et hôtelières, ainsi que l’aide aux personnes et les services à domicile. Les possibilités concrètes dépendent toutefois de la catégorie professionnelle, des conditions fixées par le dispositif et des places encore disponibles.
La Tunisie figure parmi les pays dont les ressortissants peuvent être concernés par les quotas réservés à certaines nationalités. Cette admissibilité ne signifie cependant ni que tous les Tunisiens peuvent postuler à toutes les catégories, ni qu’un visa leur sera automatiquement accordé. Le candidat doit répondre aux critères applicables à son secteur et être recruté par un employeur en Italie.
Une procédure engagée par l’employeur
Contrairement à une procédure dans laquelle le candidat déposerait directement une demande de visa de travail, le Decreto Flussi repose d’abord sur l’intervention de l’employeur. Celui-ci doit accepter de recruter le travailleur étranger et demander l’autorisation de travail, appelée nulla osta, auprès du guichet unique de l’immigration italien.
La demande est préparée et transmise en ligne par l’intermédiaire du portail officiel ALI du ministère italien de l’Intérieur. L’employeur doit fournir les informations relatives au travailleur et au recrutement, ainsi que les justificatifs administratifs requis, notamment ceux concernant le logement lorsque cela est demandé. Pour accéder au portail, il doit disposer des moyens d’authentification exigés par les autorités italiennes.
Une fois l’autorisation de travail délivrée, le candidat peut poursuivre la procédure en sollicitant un visa auprès des autorités consulaires italiennes compétentes. L’obtention du nulla osta constitue donc une étape essentielle, mais ne dispense pas de satisfaire aux conditions applicables à la délivrance du visa.
Les dates à retenir pour 2027
Selon le calendrier officiel publié par les autorités italiennes, les employeurs pourront préremplir les demandes du 23 octobre au 7 décembre 2026, sur le portail ALI. Les dépôts définitifs seront ensuite organisés selon quatre échéances, à partir de 9 heures :
– 12 janvier 2027 : travail saisonnier dans l’agriculture ;
– 9 février 2027 : travail saisonnier dans le tourisme ;
– 16 février 2027 : travail salarié non saisonnier ;
– 18 février 2027 : travail non saisonnier dans l’aide familiale.
Les demandes pourront être transmises jusqu’au 31 décembre 2027, sous réserve de la disponibilité des quotas concernés.
Vigilance face aux offres frauduleuses
Les candidats tunisiens sont appelés à la prudence face aux intermédiaires qui promettent un emploi ou un visa garanti contre paiement. Une proposition d’embauche ne garantit pas, à elle seule, l’obtention d’une autorisation de travail ou d’un visa. Il est donc essentiel de vérifier l’authenticité de l’employeur, de privilégier les procédures officielles et de consulter les informations publiées par les autorités italiennes.
Le Decreto Flussi constitue ainsi une voie légale d’accès à l’emploi en Italie pour les ressortissants de pays tiers, dont les Tunisiens, mais son accès reste conditionné par le recrutement, les règles propres à chaque catégorie et les quotas disponibles.
R.I



