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Enseignement : Pourquoi la réforme de l’éducation n’a pas fait son chemin ?

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  • 13 octobre 2026
  • 4 min de lecture
Enseignement : Pourquoi la réforme de l’éducation n’a pas fait son chemin ?

La réforme éducative, ce vieux serpent de mer, nous revient, à chaque fois, avec les mêmes questions et débats d’autrefois, faisant croire que tout va se dérouler comme on l’espère. Mais l’idée est vivement partie en fumée. Il s’agit d’un énième projet qui fut ainsi pensé et élaboré, sans succès. S’agit-il d’un problème de système grippé ou de personnes mal placées ?

La Presse — L’école publique, générale et gratuite, n’est plus ce qu’elle était. Rompre avec son modèle d’enseignement si archaïque et contre-productif est un appel solennel toujours renouvelé, sans pour autant arrêter de relancer autant d’initiatives et projets qui finissent par être voués à l’échec.

Outre le premier jet fait à l’aube de l’indépendance en 1956, l’histoire de la Tunisie moderne retient encore du moins cinq projets de réforme éducative, dont celui de feu Mohamed Charfi, au début des années 90, suivi de l’initiative de Sadok Korbi en 2002.

Sans succès !

Après la révolution, soit 13 ans plus tard, Neji Jalloul, alors ministre de l’Education, avait, en 2015, tout revisité, sur fond d’un vaste chantier éducatif lancé en grande pompe, dans une tentative de faire de l’école publique un tremplin pour l’emploi. Son projet devait, à l’époque, s’inspirer de l’expérience finlandaise, celle qui se démarque par son modèle largement reconnu à l’échelle mondiale.

L’Etat y avait beaucoup investi, faisant participer tous les acteurs intervenants dans l’opération éducative, y compris élèves et parents. Et pourtant, la version de Jalloul a, non plus, fait long feu. Vint, ensuite, celle de Fethi Sellaouti, nommé en 2020 au même poste. L’homme emboîta le pas à ses prédécesseurs, il avait, également, lancé son projet éducatif, en lui fixant un délai de dix mois. Sans succès !

Certes, la mission n’est guère une sinécure. D’autant plus que la barre est placée haut pour rendre à l’école publique son aura de prestige et corroborer son caractère gratuit, obligatoire et inclusif. C’est, d’ailleurs, l’ultime but de sa réforme, à même de faire de l’élève la finalité de tout acte de révision.

«La réforme devrait avoir un objectif et une feuille de route éducative bien déterminée, avec pour trois idées clés : qualité, équité et intégration… », soulignait, en ces termes, une source autorisée au ministère de l’Education. Ce trio conceptuel consacre l’essence de la réforme, voire sa philosophie.

« On voudrait que notre école soit typiquement tunisienne, en harmonie avec le vécu social, mieux ancrée dans son identité arabo-musulmane et qui correspond aux attentes des Tunisiens », résume la même source. Toutefois, ces idées sont restées lettre morte. Personne n’a tenu parole !

Y a-t-il anguille sous roche ?

Aujourd’hui, faut-il le dire, le droit d’accès à l’enseignement n’est plus garanti, vu les difficultés qui jalonnent le cursus d’apprentissage notamment dans les cycles du primaire et du secondaire. Surtout qu’il y a plusieurs régions où le taux de décrochage scolaire demeure encore élevé. Soit environ 100 mille élèves quittent prématurément, chaque année, les bancs de l’école, selon des statistiques officielles.

Approche pédagogique, contenus éducatifs, temps scolaire, infrastructure de base, encadrement des élèves, qualité d’enseignement, formation des enseignants, tout prête à révision. La situation est d’autant plus alarmante que la réforme du système éducatif ne peut plus attendre.

Ainsi va, sous nos cieux, l’histoire de la réforme éducative, dont aucun responsable n’a eu à aller jusqu’au bout de ses idées. Et c‘est ainsi que les manœuvres dilatoires ont dû tout renvoyer aux calendes grecques. Face à toutes ces initiatives avortées, on est, alors, en droit de se demander s’il existe vraiment une volonté de bien réaliser ce projet, tant attendu depuis des années.

Et à chaque fois que l’on croit y arriver, on se retrouve à la case départ. Pourquoi tous ces projets de réforme précités s’arrêtent-ils à l’entame du chemin ? Y a-t-il anguille sous roche ?

Cet état de projet suspendu persiste, à l’heure où toute une génération se trouve menacée de déculturation, victime d’un système éducatif en déphasage avec l’évolution de la société. Avons-nous oublié que l’école doit épouser son temps ?

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Auteur

Kamel FERCHICHI

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