Climat : L’OSS et l’AFD mobilisent 150 000 euros pour valoriser les pratiques agricoles ancestrales du Sud tunisien face à la sécheresse
L’Observatoire du Sahara et du Sahel et l’Agence française de développement (AFD) ont conclu, aujourd’hui mardi 13 octobre 2026, une convention de financement d’une valeur de 150 000 euros pour l’exécution d’un projet visant à rassembler les connaissances agro-écologiques et les pratiques locales, à les documenter et à les valoriser, de manière à soutenir l’adaptation des zones rurales de la rive sud de la mer Méditerranée au changement climatique.
A ce titre, Nabil Ben Khatra, secrétaire exécutif de l’Observatoire du Sahara et du Sahel, a expliqué, dans une déclaration à Diwan FM, que ce projet, financé par la France, l’Union européenne et l’Observatoire, s’intéresse à l’évaluation du niveau d’efficacité des pratiques agricoles dans l’adaptation aux changements climatiques dans les pays d’Afrique du Nord.
Ben Khatra a ajouté que ces pratiques feront l’objet d’une évaluation scientifique avant d’être présentées aux décideurs en vue de les intégrer dans les programmes de développement et dans les politiques publiques propres à la gestion des richesses naturelles. Il a indiqué que l’accélération du rythme des changements climatiques et la rareté de l’eau imposent la valorisation des expériences existantes, citant en exemple la technique des ‘’jessour’’ dans le gouvernorat de Tataouine et qui a permis de réaliser une production record d’huile d’olive bien que les quantités de pluie dans la région ne dépassent pas 150 millimètres par an.
Le responsable a signalé que le projet comprend un volet de sensibilisation orienté vers les habitants, les agriculteurs et les producteurs, aux côtés de sessions de formation pour les cadres des institutions nationales, dans le but de préserver le patrimoine de connaissances. Et ce pour mener à bien la gestion des ressources naturelles et l’agriculture écologique.
De son côté, l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen, a indiqué que le projet cherche à soutenir l’adaptation des zones rurales de la rive sud de la mer Méditerranée au changement climatique, et à créer un meilleur lien entre les recherches scientifiques et les pratiques locales environnementales et agricoles anciennes.
Mme Guéguen a considéré que les pratiques et les connaissances disponibles dans les pays de la rive sud de la Méditerranée constituent une source d’inspiration pour les pays du Nord ce qui permettrait de faire face à la crise mondiale liée à la pénurie d’eau et au réchauffement climatique, signalant l’importance de renforcer la qualité de la coopération sud-sud et sud-nord dans ce domaine.
Il est à signaler que l’Observatoire du Sahara et du Sahel a été fondé en 1992 et a établi son siège en Tunisie, et c’est une organisation internationale à dimension africaine qui comprend 48 membres, parmi lesquels 35 pays et 13 organisations.
L’Observatoire travaille sur la gestion durable des ressources naturelles et le renforcement de la capacité des populations et des écosystèmes à faire preuve de résilience face aux défis environnementaux et climatiques.
Il développe des outils de suivi et d’appui à la prise de décision, renforce les capacités des institutions, soutient la coopération entre les pays, et mobilise les financements internationaux pour l’exécution de projets concrets qui profitent aux populations et aux régions africaines.



