Economie

Tourisme : Comment attirer une clientèle suisse haut de gamme ?

  • 14 octobre 2026
  • 4 min de lecture
Tourisme : Comment attirer une clientèle suisse haut de gamme ?

Diversifier l’offre, valoriser le patrimoine et améliorer la qualité des services : la Tunisie dispose de plusieurs leviers pour attirer davantage de voyageurs suisses à fort pouvoir d’achat et accroître les retombées économiques du tourisme.

La Presse —Le tourisme agricole et l’artisanat constituent également des points forts. La Suisse représente un marché à explorer davantage pour diversifier le tourisme tunisien. Au-delà des séjours balnéaires, la Tunisie possède des atouts naturels, culturels et gastronomiques susceptibles de séduire une clientèle recherchant des expériences personnalisées et des prestations de qualité.

L’enjeu n’est pas seulement d’augmenter le nombre de visiteurs, mais aussi de prolonger les séjours, d’accroître les dépenses locales et de mieux répartir les recettes touristiques entre les régions.

Diversifier l’offre au-delà du balnéaire

Le tourisme haut de gamme ne se résume pas aux hôtels cinq étoiles. Il repose aussi sur la qualité de l’accueil, la fiabilité des prestations, le confort des déplacements et la richesse des expériences proposées.

La Tunisie pourrait développer des circuits associant médinas, sites archéologiques, gastronomie et artisanat. Tunis, Carthage, Sidi Bou Saïd et Kairouan offrent des possibilités de valorisation culturelle, tandis que les oasis et les paysages sahariens se prêtent à des séjours en petits groupes. Le tourisme de bien-être constitue une autre piste. La thalassothérapie et les prestations de remise en forme peuvent attirer des visiteurs souhaitant combiner détente, hébergement de qualité et découverte du patrimoine.

La gastronomie représente également un levier de différenciation. Visites de domaines oléicoles, dégustations d’huile d’olive, ateliers culinaires et découverte des produits du terroir permettraient de rapprocher tourisme, agriculture et artisanat, tout en créant de nouveaux débouchés pour les producteurs.

La qualité, condition de la montée en gamme

Pour attirer une clientèle à fort pouvoir d’achat, la compétitivité tarifaire ne suffit pas. Le service doit être à la hauteur du prix payé. Hébergements bien entretenus, personnel qualifié, maîtrise des langues étrangères, transports fiables et réservations transparentes sont autant de conditions essentielles.

Les circuits sur mesure, transferts privés et visites avec des guides spécialisés peuvent enrichir l’expérience. Des offres clairement définies, assorties de tarifs et de conditions de réservation précis, faciliteraient le travail des agences suisses et des organisateurs spécialisés.

Cette diversification doit aussi préserver les ressources naturelles et le patrimoine. Dans les oasis et les régions sahariennes, le développement touristique doit tenir compte de la disponibilité de l’eau, de la fragilité des écosystèmes et des besoins des populations locales.

Des partenariats à développer avec la Suisse

Prévu le 27 janvier 2027 à Genève, le «Focus Market» offre une occasion de renforcer les échanges économiques bilatéraux. Soutenue notamment par FIPA-Tunisia, la Chambre de Commerce et d’Industrie Tuniso-Suisse, Swisscontact et la Chambre de Commerce de Genève, cette initiative pourrait favoriser de nouvelles coopérations touristiques.

Les rencontres avec les agences spécialisées, les tour-opérateurs et les investisseurs permettraient de tester l’intérêt pour des produits tunisiens différenciés. Des voyages de familiarisation destinés aux professionnels suisses pourraient compléter cette démarche.

Les partenariats pourraient également concerner la rénovation d’établissements, la formation, la gestion hôtelière, la digitalisation des réservations et l’efficacité énergétique. Pour attirer les investisseurs, la Tunisie gagnerait à présenter des projets préparés, précisant financement, coûts d’exploitation, perspectives commerciales et retombées en matière d’emploi.

Un marché à fort potentiel

Les résultats devront être évalués à travers le nombre de visiteurs suisses, la durée des séjours, les dépenses par nuitée, les réservations générées et les retombées pour les entreprises locales, notamment les restaurants, artisans, guides, transporteurs et producteurs.

Selon l’Office national du tourisme tunisien, les arrivées de visiteurs suisses ont atteint environ 51.400 en 2025 et près de 60.000 jusqu’en juin 2026. Dans une analyse publiée le 11 juin dernier, Dertour Suisse classe la Tunisie au deuxième rang des destinations court-courriers les plus prisées par les voyageurs de Suisse romande, devant l’Espagne et la Turquie. Les dépenses des résidents suisses lors de voyages à l’étranger ont atteint 19,3 milliards de francs suisses en 2025, selon l’Office fédéral de la statistique suisse.

À nous de jouer pour passer du verbe à l’action !

Auteur

Mohamed Hedi ABDELLAOUI

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