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Escapade dans le nord du gouvernorat de Bizerte : Entre paysages, histoire et réalités du quotidien

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  • 15 octobre 2026
  • 6 min de lecture
Escapade dans le nord du gouvernorat de Bizerte : Entre paysages, histoire et réalités du quotidien

Entre campagne rafraîchie par les pluies, patrimoine maritime et animation des marchés, une virée effectuée samedi 10 octobre dans le gouvernorat de Bizerte a permis de découvrir les multiples facettes de la région. De Ousja à Ghar El Melh, puis à Ras Jebel avant le retour à Tunis par El Alia, le parcours a révélé la beauté des paysages, mais aussi quelques signes moins réjouissants : l’absence des vendeurs de produits du terroir au bord de la route et la cherté des produits alimentaires, notamment de la viande bovine, dont le kilogramme se négocie entre 48 et 50 dinars.

La Presse — Il suffit parfois de quitter Tunis pour découvrir une autre facette du pays. Celle du nord du gouvernorat de Bizerte se distingue par la diversité de ses paysages, entre terres agricoles, collines verdoyantes, villages et littoral méditerranéen.

Samedi 10 octobre, les pluies de la veille avaient laissé des traces visibles des deux côtés de la route. Accotements humides, flaques d’eau dans les creux et terres assombries par les précipitations témoignaient du passage des averses. La végétation semblait plus fraîche et les champs reprenaient des couleurs plus soutenues, donnant au parcours une atmosphère particulière.

De Ousja à Ghar El Melh, la route traverse une campagne où les terres cultivées alternent avec les reliefs et les espaces habités. Pourtant, un détail a marqué cette traversée : l’absence des petits vendeurs qui proposent habituellement leurs produits du terroir au bord de la chaussée.

Fruits de saison et produits agricoles contribuent d’ordinaire à l’animation de ces axes, tout en offrant aux producteurs locaux un débouché direct. Les raisons de cette absence, qu’elle soit liée aux conditions météorologiques ou à d’autres facteurs, restent toutefois à vérifier.

Ghar El Melh, l’empreinte de Porto Farina

L’étape de Ghar El Melh mérite une halte prolongée. Entre sa lagune, son vieux port et ses fortifications, la localité offre un cadre naturel remarquable, auquel s’ajoute une histoire maritime mouvementée.

Connue autrefois sous le nom de Porto Farina, Ghar El Melh a occupé une place stratégique en Méditerranée. Au XVIIe siècle, sous l’impulsion d’Usta Mourad, dey de Tunis d’origine génoise, son port fut aménagé et renforcé pour servir de base à la flotte et à l’arsenal du pouvoir beylical. L’attaque menée en 1655 par la flotte anglaise témoigne de l’importance militaire du site à cette époque.

Les trois forts ottomans et l’ancien arsenal, appelé El Kichla, rappellent encore cette vocation maritime. L’ensablement progressif du port a cependant contribué à son déclin militaire, avant que la pêche ne s’impose comme l’une des principales activités locales.

Mais l’histoire a aussi imposé ses limites. L’ensablement progressif a fini par entraver l’accès des grands navires, contribuant au déclin de l’ancien port militaire. Avec le développement d’un nouveau port de pêche, ouvert sur la mer dans les années 1970, le vieux port a progressivement retrouvé une vocation davantage tournée vers la pêche artisanale.

Aujourd’hui, Ghar El Melh séduit par l’association de son patrimoine historique, de ses traditions de pêche et de son environnement lagunaire. Un ensemble qui constitue un atout pour le tourisme culturel et écologique, à condition de préserver cet équilibre entre nature et héritage historique.

À Ras Jebel, le marché au cœur des préoccupations

Après cette parenthèse consacrée aux paysages et à l’histoire, la halte au marché de Ras Jebel ramène aux réalités de la vie quotidienne. Les étals de légumes et de fruits, comme les commerces de produits alimentaires, permettent de prendre le pouls du marché local. Mais les prix constatés rappellent les difficultés auxquelles sont confrontés les consommateurs.

La viande bovine affiche entre 48 et 50 dinars le kilogramme, un niveau qui pèse lourdement sur le budget des ménages. Dans les boucheries, la fréquentation paraît faible, certains commerces étant presque déserts. Cette situation ne permet pas, à elle seule, de mesurer l’évolution des ventes, mais elle donne à voir les effets possibles de la cherté sur les habitudes d’achat.

Les légumes et les fruits ne sont pas épargnés par cette pression sur le pouvoir d’achat. Quant au poisson, la proximité du littoral ne garantit pas nécessairement des prix abordables. La disponibilité des produits ne suffit donc pas à assurer leur accessibilité à toutes les bourses.

El Alia, une réputation confrontée à la cherté

Le retour vers Tunis par El Alia prolonge ce constat. Connue notamment pour son activité liée à la viande bovine, la localité présente, dans ses boucheries, un tableau comparable à celui observé à Ras Jebel : une fréquentation particulièrement faible, avec des commerces presque désertés.

Les prix relevés, de l’ordre de 48 à 50 dinars le kilogramme, constituent un frein pour de nombreux consommateurs. Pour les professionnels, la réduction éventuelle des achats peut également peser sur l’activité commerciale. Des témoignages de bouchers et de clients permettraient de mieux cerner les conséquences de cette situation sur les ventes et les habitudes alimentaires.

Une région aux multiples visages

De Ousja à Ghar El Melh, puis de Ras Jebel à El Alia, cette escapade aura offert un aperçu contrasté du nord du gouvernorat de Bizerte. Les paysages marqués par les pluies, le patrimoine de Porto Farina et les traditions locales témoignent de la richesse de ce territoire.

Mais l’absence des vendeurs de produits du terroir au bord de la route et la cherté des produits alimentaires rappellent que la valorisation des ressources agricoles et maritimes doit aussi se traduire par des débouchés pour les producteurs et des prix accessibles aux consommateurs.

Au-delà du plaisir de la découverte, cette virée souligne ainsi un enjeu essentiel : faire en sorte que la richesse naturelle et patrimoniale de la région profite pleinement à ceux qui y vivent et y travaillent.

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Auteur

Brahim OUESLATI

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