Commerce en ligne : la fin du Far West numérique
«Commerce électronique : les sociétés de livraison devront communiquer au fisc la liste de leurs fournisseurs», lit-on cette semaine sur nos journaux imprimés et électroniques.
C’est, de surcroît, une bonne nouvelle ! Pourquoi ? Parce qu’enfin, ces sombres et obscures boutiques qui commençaient à imposer leur loi vont devoir sortir du bois, déclarer les sommes colossales qu’elles engrangent et participer à l’effort national. Mais ne nous y trompons pas : il ne s’agit pas seulement de remplir les caisses de l’État ou d’ajouter une ligne comptable dans un projet de loi de finances. Il s’agit, avant tout, d’arracher leur masque d’invulnérabilité à ces « grands parrains» de l’ombre qui piétinent depuis trop longtemps la dignité des citoyens.
Pendant des années, cette pieuvre invisible a tissé sa toile dans le silence des algorithmes. Ses tentacules s’invitaient à nos portes sous forme de paquets anonymes pour nous livrer, au prix fort, la pire des camelotes. Et dès que le carton était ouvert, le piège se refermait : numéros bloqués, réclamations évaporées. Le consommateur se retrouvait seul, volé, humilié, face à un mur de mépris. C’était le règne absolu du sentiment d’impunité.
Aujourd’hui, l’étau commence enfin à tourner. Les mâchoires de la régulation se rapprochent, dent après dent. L’article 66 du projet de loi de finances 2027 ne fait pas que dresser un inventaire fiscal ; il braque un projecteur aveuglant sur les coulisses de ce « Far West » numérique. En obligeant les livreurs à donner les noms, les identités et les montants, le texte resserre le nœud autour du cou de cette clandestinité organisée. Les pénalités prévues ne sont pas qu’une amende: elles sont le signal clair que le temps du casse impuni est terminé.
Ce qui se joue aujourd’hui, c’est une réparation morale. C’est la fin du mépris pour le citoyen crédule qui ne demandait qu’à faire confiance. En faisant fondre l’anonymat de ces marchands d’illusions, on ne cherche pas seulement la traçabilité de leurs dinars, on exige des comptes pour leurs abus.



