Motion de censure contre le président de l’ARP: Qui peut déloger Ghannouchi du perchoir ?
Jusqu’où va mener ce jeu politique engagé par les différents intervenants et protagonistes de la scène politique ? L’un attaque, l’autre riposte, un troisième entre en scène et un quatrième vient en renfort. L’actuel paysage politique ressemble malheureusement à une arène de règlements de comptes où seuls les intérêts partisans les plus restreints priment. C’est dans ce contexte politique très mouvant et conflictuel que le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Rached Ghannouchi, est visé par une motion de censure et accusé par plusieurs blocs parlementaires de mauvaise gestion des affaires du Parlement. Si pour certains, Rached Ghannouchi ne fait que récolter ce qu’il a semé, pour les dirigeants du parti Ennahdha et leurs alliés, il s’agit d’une faible manœuvre politicienne qui ne mènera nulle part. Où en est la motion de censure contre le président de l’ARP ? Ses initiateurs peuvent-ils vraiment destituer Ghannouchi qui opte jusqu’à présent pour le silence ?
Les efforts visant à destituer le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Rached Ghannouchi, se poursuivent et la collecte des signatures est toujours de mise. Les dernières informations font savoir que sans compter les députés du Parti destourien libre, 73 élus ont déjà signé la motion de censure contre Rached Ghannouchi visant à le destituer. Il s’agit de signatures de députés du bloc démocratique, de la Réforme nationale, de Tahya Tounès, quelques députés du Bloc national et de quelques indépendants. A ceux-ci s’ajoutent, en effet, les seize députés du parti de Abir Moussi qui avait dès le début appelé et poussé de toute force à la destitution de Ghannouchi. Ainsi et jusqu’à la rédaction de ces lignes, 89 députés sont déjà prêts à voter en faveur du retrait de confiance au chef du Parlement, ce qui ouvre la voie à des tiraillements et des manœuvres politiques de dernière minute capables, en effet, de mettre fin au règne de Ghannouchi au Bardo.
Mais entre-temps, selon Hassouna Nasfi, président du bloc de la Réforme nationale, ayant déposé officiellement, jeudi dernier, la motion de censure contre Ghannouchi, «la collecte des signatures se poursuit dans l’intention de convaincre d’autres députés à se joindre à cette cause». Lui qui affirme que le processus de retrait de confiance à Rached Ghannouchi a été, bel et bien, entamé avec le dépôt de cette motion, estime qu’il était temps de destituer le chef du parlement au vu de «sa mauvaise gestion des affaires de l’ARP». «Ghannouchi ne fait pas l’unanimité en tant que président du Parlement, d’où une détérioration du climat politique et des relations tendues avec le président de la République, le chef du gouvernement, les présidents des blocs parlementaires et les députés», a-t-il affirmé.
Pressions sur les députés signataires ?
Et c’est dans un contexte parlementaire extrêmement tendu que le député et dirigent du Courant démocratique Hichem Ajbouni a accusé Ennahdha de harceler les députés qui ont signé la motion de retrait de confiance à Rached Ghannouchi. «Le parti Ennahdha recourt comme toujours à des pratiques de chantage et de harcèlement qui ont commencé avant la signature de cette motion et qui se poursuivent maintenant qu’elle a été déposée», a-t-il posté sur son compte Facebook.
Au sein de l’ARP, c’est notamment l’attitude et les agissements du chef de cabinet de Ghannouchi, Habib Khedher, qui dérangent le plus. Plusieurs députés l’accusent d’avoir politisé la présidence du Parlement au profit du parti Ennahdha et d’exercer une mainmise sur ses décisions et orientations. D’ailleurs, une atmosphère très tendue règne actuellement derrière les portes du bureau de Khedher, où les députés du PDL observent, depuis deux jours, un sit-in pour dénoncer «l’implication de Habib Khedher dans les affaires du Parlement». Il est à noter que des députés du parti Ennahdha ainsi que ceux de la coalition Al-Karama sont entrés dans ce bureau où des accrochages et des échanges d’insultes ont eu lieu avec les députés du PDL.
Depuis plusieurs mois, des députés de l’Assemblée des représentants du peuple ne cessent d’accuser le président du Parlement, Rached Ghannouchi, et son chef de cabinet de «mauvaise gestion» de l’institution législative et d’avoir «commis plusieurs dépassements», ce qui les a amenés à déposer une motion de retrait de confiance au président de l’ARP. Le député Mustapha Ben Ahmed, du bloc parlementaire de Tahya Tounès, a indiqué qu’une motion de retrait de confiance à Rached Ghannouchi a été déposée au bureau d’ordre de l’ARP, après avoir collecté les 73 signatures requises.
Pour sa part, la députée du Courant démocratique Samia Abbou, a passé en revue le contenu de la motion qui a été déposée en application des dispositions de l’article 51 du règlement intérieur du Parlement. Parmi les dépassements commis par Ghannouchi, a-t-elle expliqué, prendre des positions politiques relatives à des questions régionales et internationales qui ne sont pas compatibles avec la position officielle de l’Etat, notamment sur le dossier libyen.
Selon le règlement intérieur de l’ARP, pour retirer la confiance au président de l’Assemblée des représentants du peuple, un tiers des députés peuvent, rappelons-le, solliciter un vote pour ce faire, et si une majorité de 109 voix est obtenue, le président du Parlement est destitué.




2 Comments
Mais j’ai croire qu’on veut déloger le président de l’ARP ? Pour le remplacer par qui, on va vers le désastre total, la Tunisie est sur une pente, tous les secteurs sont au rouge, on a même pas les moyens d’organiser des élections daignent de ce nom.
Bref le principal secteur économique est en baisse de 52% qui le tourisme, le coronavirus gagne de plus en plus du terrain et la Tunisie est classée comme pays classée dangereux et rouge par le monde extérieur, où on va aller chercher l’argent nécessaire aux redémarrage du pays, les taxes, la baisse des salaires des fonctionnaires, ainsi le limogeage du trop de fonctionnaires qui occupent des postes pas nécessaires du tout et surtout supprimer la corruption qui résigne en maître dans le pays.
Bonne chance pour celui qui affichera ces mesures et dira la vérité aux tunisiens qui croient toujours à un miracle qui ne se réalisera jamais.
Il est temps de mettre de côté l’islam politique et de procéder à des élections anticipées pour remettre tout à plat : Kalb tounes a trahi ses électeurs qui vont très vite le ramener à une proportion incongrue, Karama un parti terroriste devrait être interdit, Ennahda un parti terroriste devrait être interdit…. Il y a du boulot. Autre précision de taille : la Tunisie de 12 millions d’habitants a trop de députés. Pour un pays aussi petit 120 députés serait suffisant. Il y a beaucoup d’économies a faire. D’autre par il y a trop de ministres et de secrétaires d’état, là aussi il y a des économies à faire. Allez courage !
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