De Tozeur à Tataouine : Scatec multiplie les projets énergétiques en Tunisie
La centrale solaire inaugurée lundi à Tozeur marque une étape majeure dans le développement des énergies renouvelables en Tunisie, avec un investissement de 135 millions de dinars et une capacité installée de 50 mégawatts. Porté par le groupe norvégien Scatec en partenariat avec des acteurs internationaux, le projet illustre la montée en puissance des investissements étrangers dans le secteur énergétique tunisien.
Construite sur une superficie d’environ 100 hectares et équipée de près de 95 000 panneaux photovoltaïques, la centrale est en mesure d’alimenter l’équivalent de 40 000 foyers. Elle s’inscrit dans la stratégie nationale visant à accroître la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique, avec un objectif de 35 % à l’horizon 2030.
Intervenant lors de l’inauguration, Maha Ben Hmidane a souligné que ce projet repose non seulement sur des financements internationaux, notamment norvégiens et japonais, mais également sur une forte mobilisation des compétences locales. “Cette centrale a été construite avec des talents tunisiens”, a-t-elle affirmé, mettant en avant le transfert de compétences opéré au profit des équipes nationales et la création progressive d’une expertise tunisienne dans le domaine des énergies renouvelables.
Au-delà de ce premier projet, la responsable a annoncé la poursuite de l’expansion de Scatec en Tunisie, avec l’inauguration imminente d’une centrale similaire à Sidi Bouzid, ainsi que la réalisation de nouveaux projets photovoltaïques à Tataouine et Sidi Bouzid, et d’un parc éolien à El Fahs. “Nous sommes prêts à participer à tous les projets qui seront proposés”, a-t-elle indiqué, soulignant l’engagement de l’entreprise à accompagner les ambitions énergétiques du pays.
Sur le plan de l’emploi, la phase de construction du projet de Tozeur a mobilisé jusqu’à 450 travailleurs au pic du chantier, tandis que les activités d’exploitation et de maintenance nécessitent des équipes plus restreintes mais durables. À cela s’ajoutent des retombées indirectes jugées significatives pour l’économie locale.
De son côté, Ann-Mari Lillelord a insisté sur la dimension internationale et stratégique du projet. Elle a rappelé qu’il y a encore deux ans, le site n’était qu’une étendue désertique, aujourd’hui transformée en une infrastructure énergétique moderne grâce à la coopération entre plusieurs pays et entreprises.
La responsable a mis en avant un modèle basé sur le partenariat public-privé, combinant financement international, processus transparent et cadre contractuel stable, avec des tarifs d’électricité fixés sur le long terme. Un élément jugé essentiel dans un contexte énergétique mondial incertain, permettant d’assurer une production d’énergie propre à coût prévisible.
Elle a en outre souligné l’engagement de Scatec en matière de standards environnementaux, sociaux et de gouvernance, ainsi que sa volonté de s’ancrer durablement dans les territoires à travers la collaboration avec les autorités et les communautés locales. L’entreprise, qui compte actuellement plus de 90 employés en Tunisie, mise sur le développement des compétences locales comme levier clé de réussite.
Finalement et non moins important, la dirigeante a confirmé la poursuite du développement du portefeuille de projets du groupe dans le pays, avec notamment 120 MW en cours de construction à Sidi Bouzid, un projet éolien de 75 MW à El Fahs et de nouvelles installations photovoltaïques à Tataouine. “Nous ne nous arrêterons pas ici”, a-t-elle affirmé, évoquant une vision de long terme pour soutenir la transition énergétique tunisienne et assurant qu’à travers ce projet et ceux à venir, la Tunisie confirme son attractivité pour les investisseurs internationaux dans le domaine des énergies renouvelables, tout en consolidant les bases d’un modèle énergétique plus durable et diversifié.
Il convient de souligner que la mise en service de deux centrales solaires, développées dans le cadre d’un partenariat entre Scatec et Aeolus, filiale du Toyota Tsusho Group, dans les gouvernorats de Tozeur et Sidi Bouzid, s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale tunisienne visant à diversifier le mix énergétique et à réduire la dépendance aux énergies fossiles importées. À elles deux, ces installations devraient générer une production annuelle estimée à 288 GWh d’électricité verte, soit un volume suffisant pour alimenter des dizaines de milliers de ménages, tout en permettant d’éviter l’émission d’environ 115 000 tonnes de CO₂ chaque année.
La centrale implantée à Sidi Bouzid est entrée en exploitation le 1er janvier de cette année, marquant ainsi la première mise en service d’un projet porté par Scatec en Tunisie. Celle de Tozeur a suivi, avec une entrée en production effective le 4 mars. Ces projets ont été attribués à l’issue d’un appel d’offres public compétitif et reposent sur des contrats d’achat d’électricité d’une durée de 30 ans conclus avec la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG).
Leur structuration financière repose sur un montage diversifié combinant financement de projet sans recours, prêts concessionnels et apports en capitaux propres des partenaires. Les principaux bailleurs de fonds incluent la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) et Proparco, auxquels s’ajoutent des ressources concessionnelles issues du Fonds pour les technologies propres et du Fonds pour l’environnement mondial. Par ailleurs, ces projets bénéficient également d’un appui complémentaire sous forme de crédits carbone octroyés par le Ministère japonais de l’Environnement, dans le cadre du mécanisme de crédit conjoint (JCM).





