Souveraineté énergétique : La Tunisie accélère son virage solaire sous l’impulsion du Président Kaïs Saïed
Face à un déficit énergétique chronique, la Tunisie opère une transformation radicale de son modèle. Porté par la volonté du Président de la République Kaïs Saïed, le pays accélère le déploiement de mégaprojets photovoltaïques pour garantir son indépendance et alléger les finances publiques.
La Presse — Alors que notre pays fait face à des défis énergétiques croissants dans un contexte international marqué par la guerre, la transition vers les énergies renouvelables s’impose désormais comme une nécessité stratégique. Parmi les solutions disponibles, l’énergie solaire apparaît comme un levier majeur de transformation du paysage énergétique national. D’autant que la Tunisie dispose en moyenne de ressources solaires supérieures à 3.000 heures/an avec des régions disposant d’heures d’ensoleillement plus importantes que d’autres, selon l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie.
A titre d’information, la plupart des régions au sud du pays bénéficie d’un temps d’exposition solaire de plus de 3.200 heures/an, avec des pics de 3.400 heures/an au golfe de Gabès (sud-est). De plus, la période minimale d’insolation dans les régions du nord est comprise entre 2.500 et 3.000 heures plein soleil équivalentes, ajoute la même source. Ce potentiel constitue un atout naturel considérable pour développer une production d’électricité propre et durable. Il place notre pays dans une position privilégiée pour accélérer son indépendance énergétique.
La stratégie solaire tunisienne entre dans sa phase opérationnelle
Sous l’impulsion du Président Kaïs Saïed, la Tunisie intensifie son virage vers la sécurité énergétique en misant sur l’exploitation de ses gisements solaires et éoliens. Cette valorisation des ressources endogènes, au cœur du plan de développement stratégique 2026-2030, vise à répondre aux aspirations citoyennes tout en garantissant l’indépendance énergétique du pays.
Ainsi, le 2 décembre 2021, le Conseil des ministres a validé le lancement de cinq projets photovoltaïques d’envergure, représentant une capacité totale de 500 MW. Parmi eux, la centrale de Metbasta, située près de Kairouan et d’une puissance de 100 MW, a été inaugurée en décembre 2025. Elle est déjà raccordée au réseau national et permet d’alimenter environ 43.000 foyers en électricité.
Dans la continuité de cette dynamique de passage à l’exécution, les autorités ont poursuivi la mise en œuvre des projets programmés. C’est ainsi que la ministre de l’Industrie et des Mines, Fatma Thabet Chiboub, a inauguré le 21 avril une nouvelle centrale solaire photovoltaïque de 50 MW à El Khobna, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, réalisée dans le cadre du régime des concessions.
Cette mise en service marque le passage concret à l’exécution de la première tranche du programme solaire national, qui prévoit 500 MW répartis sur cinq gouvernorats (Tozeur, Tataouine, Kairouan, Gafsa et Sidi Bouzid), pour un investissement global estimé à 135 millions de dinars. Mais, au-delà de son lancement opérationnel, ce projet vise à renforcer l’ancrage territorial des investissements dans les énergies renouvelables, à accroître leur part dans le mix énergétique et à réduire progressivement la dépendance aux sources d’énergie conventionnelles.
Selon la ministre, cette installation contribuerait à soutenir la transition énergétique au niveau régional et national, avec des économies estimées à environ 8 millions de dollars sur les coûts d’exploitation de la Steg et une réduction des importations de gaz naturel d’environ 13 millions de dollars par an.
Deux nouveaux projets sont également programmés dans le gouvernorat de Sidi Bouzid avec une centrale de 200 MW à El Khobna et une autre de 100 MW à Mezzouna. Les accords relatifs à ces projets ont été signés en mars 2025 et sont actuellement en cours de ratification, pour un investissement global estimé à 800 millions de dinars. À tout cela s’ajoutent plusieurs installations de plus petite capacité sous régime d’autorisation, représentant environ 38 MW cumulés.
L’ensemble de ces projets s’inscrit dans un programme national plus large visant à atteindre 1.700 MW d’énergies renouvelables d’ici à 2027, avec pour objectif une réduction significative de la dépendance au gaz naturel et des économies annuelles estimées à 200 millions de dollars. À plus long terme, la stratégie énergétique nationale ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à 35% de la production électrique d’ici à 2030.
Du solaire local au projet Elmed : la Tunisie, futur hub énergétique méditerranéen
Au-delà des avantages économiques, l’impact environnemental constitue un argument de poids. L’énergie solaire, en tant que source renouvelable, ne génère aucune émission de gaz à effet de serre lors de son exploitation. Son développement contribue directement à la réduction de l’empreinte carbone du pays et s’inscrit pleinement dans les efforts de lutte contre le changement climatique.
Par ailleurs, et conformément aux orientations du Chef de l’Etat, les autorités tunisiennes multiplient les initiatives pour encourager cette transition. Subventions, incitations fiscales et mécanismes de rachat de l’électricité produite viennent soutenir les investissements dans le solaire, rendant ces technologies de plus en plus accessibles.
Pour accompagner cette montée de la production nationale, la Tunisie mise sur des infrastructures d’interconnexion inédites. Le projet Elmed, constituant un véritable cordon ombilical de 220 km entre le Cap Bon et la Sicile, illustre cette ambition. Il s’agit d’un câble sous-marin de 220 km qui connectera, pour la première fois, les réseaux électriques de l’Afrique du Nord et de l’Europe. Ce projet devrait être opérationnel d’ici à 2030.
Grâce à cette liaison de 600 MW, la Tunisie pourra non seulement sécuriser son approvisionnement, mais aussi échanger de l’électricité propre avec ses voisins européens. Elmed encourage de nouveaux investissements dans nos centrales solaires en leur offrant un débouché vers l’exportation. C’est l’outil qui manquait pour faire de la Tunisie un acteur incontournable de l’énergie durable en Méditerranée.
La transition énergétique en Tunisie s’impose désormais comme une priorité stratégique. Au cœur de cette dynamique, elle s’affirme progressivement comme l’un des piliers structurants d’un nouveau modèle énergétique, plus durable et moins dépendant des énergies conventionnelles. Le pays entre aujourd’hui dans une phase de concrétisation effective de ces projets, marquant le passage des orientations stratégiques à leur mise en œuvre sur le terrain.



